Vacances en couple : bonheur ou galère ?

Dans cet article, je vais te parler des vacances en couple. Pour toi, est-ce le bonheur ou la galère ? J’ai envie d’aborder les 2 facettes : celle qu’on voit dans les magazines, à la télévision, où tout est beau et merveilleux… et la facette de la réalité de beaucoup d’amoureux, qui n’est pas aussi douce et merveilleuse. Posons le cadre : c’est l’été, le soleil est là, au-dessus d’une mer turquoise, dans ta main un cocktail bien frais, tu es en bikini, les corps se dévoilent… Ton partenaire et toi êtes au top là, non ? Non, tu ne te reconnais pas ? Oh, vraiment ? Je n’ai pas décrit ta relation de couple, là, avec des désirs et la libido on fire, parce que c’est l’été ? Oh… Je ne comprends pas… Non je déconne : bien sûr que si, je comprends. 😉 Bien que sûr que « soleil, bikini, on fait l’amour tous les jours sur la plage », ça ne concerne pas tous les couples ! Il y a des amoureux pour lesquels c’est le cas, et c’est heureux ! Mais pour d’autres, peut-être pour ton partenaire et toi, c’est plus compliqué. Dans ce cas, comment réussir ses vacances en couple ? Je te propose des pistes de réflexions et des conseils.

Vacances en couple : bonheur ou galère ?

À mon sens, il y a 2 grandes catégories de vacances en couple. Il y a des gens, des couples, pour lesquels l’été est vraiment ressourçant. J’en parlerai brièvement parce que nous sommes très contents pour toi si c’est ton cas… mais, du coup, je ne pense pas que tu aies vraiment besoin de moi 😉 Il y a les autres, pour lesquels l’été, les vacances, ça engendre de l’appréhension. Je vais en parler un peu plus longuement. Si c’est ton cas : j’ai des conseils à t’apporter pour prendre soin de ton couple pendant cette période !  

L’été et les vacances en général, c’est un moment propice pour se ressourcer pour beaucoup de personnes, pour beaucoup de couples. Plein de facteurs viennent faire du bien à nos relations amoureuses pendant cette période. J’insiste un peu quand même là-dessus parce que, même si effectivement ton couple va bien, je pense que l’été peut vraiment être un moment dont il faut tirer profit pour faire du bien à ta relation, pour prendre soin de ton couple. Je t’invite à mettre de la conscience là-dedans, au lieu de juste te dire « ouai c’est l’été… ». Non non : l’été, c’est particulier. Il y a plein de belles choses qui viennent renforcer, ressourcer ta relation : appuie-toi dessus. Prends conscience de ce qu’il se passe pour ton couple l’été. Mets ça en valeur !

Si tu fais partie de ceux qui appréhendent les vacances en couple : je te rassure, toi aussi, malgré tout, tu peux trouver des moyens de profiter de cette période particulière pour prendre soin de ton couple. Par ailleurs, peut-être que les vacances engendrent des tensions dans ton couple, mais qu’à toi, le soleil te fait du bien et c’est important de le souligner et d’en profiter également ! 😉

Voyons en détails ces 2 facettes de l’effet des congés d’été sur les relations amoureuses.

Les amoureux qui profitent complètement de l’été

Ce qui fait du bien à nos couples pendant l’été, c’est souvent qu’il y a un autre cadre. Pour ceux, évidemment, qui ont la chance de pouvoir s’aérer, partir en vacances ailleurs : le couple se retrouve dans un lieu inhabituel. C’est différent de la routine. Tes yeux et tes sens de manière générale découvrent un autre univers et apprécient cela. Cela met en éveil, cela stimule ton corps. Même si ton partenaire et toi ne partez pas en vacances, peut-être que, comme beaucoup de couples, quand il fait beau, vous en profitez pour voir autre chose, le temps d’une soirée ou d’un week-end. Bases de loisirs, rivières, lacs, etc. : il y a sans doute des activités que tu pratiques pendant l’été, que tu ne fais pas forcément le reste de l’année. Cela stimule ton corps, cela stimule ta créativité, ton envie de découverte… Bien évidemment, ça a aussi un impact sur ta relation de couple.

Rentre aussi en jeu le fait qu’il n’y a pas de travail. Souvent, aussi, on change de rythme : généralement, il ralentit. Lors de tes vacances en couple, tu prends ton temps. Même au travail, beaucoup de secteurs voient leur activité baisser. Pas tous, bien sûr, j’ai une pensée pour tous ceux qui voient leur activité décuplée pendant l’été ! 😉 Mais pour beaucoup de secteurs : il y a moins de clients, moins de monde, moins de fréquentation, etc. Il n’y a pas de mystère : les gens sont en vacances, donc il y a souvent une baisse d’activité.

Ce qui fait du bien, également, je le rappelle : c’est le soleil ! Le soleil, avec ses petits shots de vitamine D, ça fait du bien ! Ça apaise, ça ressource.

Enfin, souvent, l’été, ce qui permet de prendre soin de son couple, c’est la possibilité de faire plus d’activités ensemble, en amoureux. Si vous êtes en vacances à 2 : prenez le temps de faire des activités à 2, de faire des découvertes à 2. Prends le temps, avec ton partenaire, d’aller plus souvent que d’habitude au restaurant, de faire des pique-niques, de vous baigner, etc. Toutes ces activités-là, ce sont des stimulations corporelles, des stimulations de sens. Ça peut vraiment être l’occasion de faire des choses à 2. Si ton couple va bien : mettez de la conscience dans tout ce que vous allez faire ensemble et qui va venir « remplir votre réservoir couple ».

Ça, c’était pour les couples qui vont bien : bonnes vacances ! Bel été à vous ! 😊

Les partenaires qui ont du mal à tirer le meilleur des congés

Les raisons sont variées

Maintenant, je prends le temps de parler des couples pour lesquels l’été est plus une appréhension qu’autre chose. J’ai réalisé un sondage sur mon compte Instagram (Abonne-toi si tu désires participer aux sondages, proposer des idées de sujet pour mon podcast, etc. !), en demandant quelles difficultés vous rencontrez pendant vos vacances en couple. J’ai trouvé vos réponses hyper intéressantes ! De nombreuses m’ont confirmé que les vacances, ce n’est pas « bikini, soleil et libido on fire » pour tout le monde. Dans les réponses que vous m’avez amenées, il y a à la fois des points extrêmement variés, et à la fois de nombreux éléments qui se rejoignent. Du coup, je trouve ça intéressant !

Les enfants représentent un sujet fréquent

On m’a souvent interrogée ainsi : « Avec ou sans enfant ? » C’est drôle, car parfois on m’a dit : « ça ne sera pas des vacances, ça ne sera pas reposant car on sera H 24 avec les enfants et du coup, on ne fera QUE s’occuper des enfants ». Les enfants rendent alors plus difficiles et moins accessibles les temps réservés au couple. Mais on m’a aussi répondu : « les enfants ne seront pas là, donc on va s’ennuyer ». Ça, c’est un sujet hyper intéressant.

Le cas des couples devenus uniquement parentaux

Si tu es dans cette 2nde situation, je t’invite à prendre un temps de réflexion. Cette impression que c’est un peu mort, plus mou quand les enfants ne sont pas là, c’est quelque chose que j’observe souvent quand un couple devient essentiellement un couple parental, quand on reste parce que les enfants sont là, même si ce n’est plus fluide, plus très intéressant. Quand on glisse vers un couple exclusivement parental, si la raison d’être du couple, ce ne sont plus que les enfants, alors effectivement, quand les enfants sont chez papy et mamie ou en colo, tout ça est vide de sens, un peu mort. Si tu es dans cette situation, il est important d’en prendre conscience. Si le fait d’être un couple uniquement parental ne correspond pas à votre envie, il peut s’agir d’un signal qu’il y a peut-être quelque chose à travailler pour réveiller l’autre aspect du couple, le couple amoureux.

L’absence d’échappatoire entraîne des tensions

Autre élément qui est souvent revenu dans vos réponses sur vos vacances en couple un peu galères, c’est le fait que les congés riment avec « plus de temps ensemble »… et donc avec : « plus de tensions, plus de disputes, plus de sujets de désaccord, plus de crispations ». Il n’y a plus l’échappatoire du travail. Combien de couples se prennent la tête le matin au petit dèj’, puis vont travailler et là : « ouf, je vais au boulot donc je vais pouvoir avoir mon sas de décompression ». Le fait de ne pas se voir pendant plusieurs heures, ça permet de faire redescendre la pression. Si tu es dans un couple sous tension, dans un couple en crise, alors le travail te permet sans doute de te calmer. Tu en as sans doute besoin pour te « recharger » avant d’affronter, le soir, les tensions dans ta relation. Pendant les vacances, il n’y a plus d’échappatoires, il n’y a plus de soupapes de décompression. Si tu es dans cette configuration-là :

  • Ne reste pas comme ça ! Des choses sont possibles, faites-vous aider, faites-vous accompagner. Ne reste pas dans un couple en crise ou en tension : il existe des moyens pour sortir de ça.
  • Recrée l’échappatoire. Prends conscience que le travail est une échappatoire, un espace de décompression et essaie de trouver autre chose : une heure pour marcher, un moment avec d’autres amis… En prenant conscience que c’est de ça dont tu as besoin, tu pourras le mettre en place pendant les vacances.

Vacances en couple galère : comment faire ?

Comme je le disais au début : le fait que les vacances en couple riment avec galère, c’est multifactoriel. Vos réponses à mon sondage sur ce sujet partaient dans tous les sens. Il existe autant de raisons possibles que de couples, autant de difficultés possibles que de couples. Je vais essayer d’apporter une réponse générale, pour te donner des pistes, des idées à mettre en place, si tu appréhendes les congés d’été avec ton amoureux.

Se concentrer sur le moment présent

Ça marche pour les vacances, mais ça marche aussi de manière générale : concentre-toi sur ce que tu vis maintenant. Quand on se sent mal dans une relation de couple, 80 % du temps, ça ne correspond pas à ce qu’on vit, mais à ce qu’on se raconte. Je le vois bien, en tant que thérapeute de couple. Je croise régulièrement des personnes qui vivent quelque chose d’assez sympa, mais qui, quand on leur demande comment ça se passe au quotidien, répondent : « Oui bon, nan au quotidien, on ne se dispute pas tous les jours, ça se passe bien. », ou « Oui, effectivement, au quotidien ça se passe bien, avec les enfants, ça se passe bien. » Mais, malgré tout : « C’est insupportable, c’est insupportable, c’est insupportable ». Tu vois ce que je veux dire ? Je retrouve souvent ça : il y a ce que tu te racontes, qui vient remplir et nourrir ton cerveau, et puis il y a ce que tu vis. Si tu as envie de passer des vacances agréables : concentre-toi plus sur ce que tu vis et moins sur ce que tu te racontes.

Bien évidemment, je ne te conseille pas de faire l’autruche et de mettre de côté ce qui ne va pas de manière indéfinie. Mais tu peux décider du moment où tu te penches sur cela ! Essaie de te dire : « OK, là c’est l’été, j’ai envie de profiter de mes vacances en couple. J’ai envie de passer un été agréable, sans prises de tête au quotidien, donc je vais m’attacher à ce que je vis au quotidien, dans le présent. Le reste, je décide d’y penser en septembre, de m’y consacrer à la rentrée. » C’est tout à fait possible d’essayer de reprendre le contrôle sur ce que tu te racontes, pour te recentrer sur ce que tu vis là, maintenant.

Observer sa relation de couple si c’est opportun

D’ailleurs, ce mécanisme de focus sur ce que tu vis en ce moment est hyper intéressant pour faire un bilan, car oui, cette situation peut aussi être l’occasion de faire le point. À ce sujet, il y a 2 écoles :

  • Il y a des gens qui se disent « non là, c’est l’été, je n’ai pas envie de me prendre la tête » et c’est OK. Ne te blâme pas, tu en as bien le droit, il n’y a aucun problème.
  • D’autres personnes se disent que « OK, là, c’est l’été, on sera 24/24 ensemble… Et si c’était le moment pour vraiment regarder ce qu’il se passe ? Si c’est galère en vacances, galère à la maison, alors c’est peut-être le moment de faire quelque chose ». Ce peut être une période d’observation de ta relation de couple et c’est OK, tu as le droit de ça aussi.

Là est mon message : peut-être que tu as besoin d’être dans une phase d’observation. « Est-ce que la relation que je vis est la relation que j’ai envie de vivre ? Est-ce que ça ressemble à ça un couple amoureux comme j’en ai envie ? Est-ce qu’une relation de couple comme je la désire est celle que je suis en train de vivre ? » Tu as le droit d’avoir besoin de cette observation pendant tes vacances.

Se demander si c’est cyclique ou ponctuel

Enfin, la dernière question que je t’invite à te poser, qui peut être très pertinente, c’est : est-ce que ce que tu vis est cyclique ? Ou bien, est-ce tout le temps ? Car oui, oui, il faut se le dire : pour beaucoup de couples, les vacances sont compliquées. Mais ça ne veut pas forcément dire que la relation de couple est compliquée. Ça ne veut pas forcément dire qu’il y a un problème. C’est le même sujet que le télétravail. Au premier confinement, de nombreux couples sont venus me voir en me disant : « Au secours Lucie, le télétravail a révélé que notre couple est merdique. Le télétravail a révélé que notre couple est mort. » Non : le télétravail a révélé que ton couple n’est pas fait pour le télétravail, c’est tout. Ce n’est pour ce rythme que tu as signé. 😉 C’est important de se le rappeler ! Quand on se met en couple avec quelqu’un, si on travaille, on signe pour se voir un peu le matin, un peu le soir, les week-ends et les vacances. Et là, vous vous êtes retrouvés à vous voir H 24, tout le temps… Ce n’est pas la même chose ! Pour beaucoup de couples, se voir un peu le matin, un peu le soir, les week-ends et les vacances, ça passe crème, c’est fluide. Cet équilibre trouvé dans le fait de passer beaucoup de temps au travail (Ça fait du bien !) et de passer un peu de temps dans le couple (Ça fait du bien aussi !), plein d’amoureux s’en contentent et kiffent vivre comme ça ! Pour ces couples, se voir H 24, ce n’est pas possible. Tout comme il y a plein de couples qui disent qu’ils adoreraient travailler ensemble, monter leur boîte ensemble et être 24/24 ensemble… Mais il y en a aussi plein de couples qui ne sont pas du tout là-dedans, pour lesquels ce serait insupportable de bosser ensemble, de devoir prendre des décisions ensemble toute la journée, d’être ensemble toute la journée ! Plein de couples ne le supporteraient pas et ça ne veut pas dire qu’ils ont des problèmes, ça ne veut pas dire qu’ils s’aiment moins. Ce ne sont pas des couples moins bien, non. C’est juste que leur fonctionnement, leur manière d’être bien ensemble est sur une autre temporalité, et c’est OK. Donc, si les vacances en couple, c’est compliqué, si le fait d’être 24/24 ensemble, c’est compliqué : demande-toi si c’est cyclique. Est-ce que ça n’arrive que pendant les vacances et que le reste de l’année, ça fonctionne bien ? Si ton couple est heureux, équilibré, stable, sain, mais qu’il y a 2 semaines dans l’année qui sont un peu plus tendue… J’ai envie de dire : s’il y a un équilibre, il n’y a pas forcément besoin de refaire le monde et de se poser plein de questions. Après, si vous avez envie de le travailler pour que ce soit plus souple et plus agréable pendant les vacances : bien sûr, il y a des possibilités. Mais, si ce n’est pas la fin du monde pour vous : ne vous mettez pas la rate au court-bouillon en vous disant qu’il y a un problème.

Prendre conscience que chaque couple a son équilibre

J’insiste : est-ce que ce que tu vis est cyclique ? Est-ce que ça se répète chaque été et puis qu’après tu reprends tes bonnes habitudes en septembre, à la rentrée ? Tu reprends le boulot, il reprend le boulot et vous retrouvez votre équilibre ? J’aime bien insister sur cette notion d’équilibre. Le couple, c’est ça : équilibre, perte d’équilibre, équilibre, perte d’équilibre. Cela se voit bien avec l’arrivée des enfants : vous étiez 2, vous basculez à 3. Il y avait un équilibre, une troisième personne arrive, il y a une phase de déséquilibre, avant de retrouver un équilibre à 3. C’est la même chose pour les vacances en couple : il y avait un rythme de vie à la maison, avec la vie professionnelle, boum, changement de rythme, autre lieu, autre cadre : il y a un nouvel équilibre à trouver. C’est OK d’avoir un peu de mal à le mettre en place ! 😉

J’espère que cet article t’aura fait du bien ! J’avais envie d’apporter une touche de bienveillance quant à ce sujet des vacances en couple. Récapitulons : quand les congés d’été avec ton amoureux, c’est la galère, tu peux essayer de banaliser : c’est peut-être juste pendant les vacances ? Si ce n’est pas juste parce que c’est les vacances : as-tu envie de t’y intéresser ? Ou est-ce que tu as envie de t’y intéresser plus tard, afin de profiter malgré tout de cette période, auquel cas sache que tu as le pouvoir de décision là-dessus. Si tu as envie de pouvoir être dans une phase d’observation de ton couple pendant les vacances, c’est très bien, c’est une très belle idée. Si tu as envie de laisser cette observation pour septembre, c’est une très belle idée aussi ! Si tu as besoin d’autres conseils de thérapeute de couple : je suis à ta disposition ! N’hésite pas non plus à m’envoyer un mail ou un message via Instagram, pour me dire de quoi tu as envie que je parle à la rentrée ! D’ici là, je compte sur toi pour prendre soin de toi et prendre soin de ton couple.  

Communication bloquée dans le couple | Que faire ?

Dans cet article, nous allons parler d’outils de communication de couple ! C’est une thématique que j’ai déjà abordée, mais c’est un sujet tellement essentiel et tellement large que j’ai envie, aujourd’hui, de te donner une clé pour aborder certaines situations de communication bloquée dans le couple. Tu sais, je parle de ces moments où tu as l’impression que « nous ne parlons pas la même langue ! » En tant que thérapeute de couple, je l’utilise beaucoup avec les personnes que j’accompagne et ça me semble important de t’en faire également profiter 😉 D’où vient le problème, quelle place donner au rationnel et à l’émotionnel et pourquoi, comment cela peut débloquer ces situations compliquées, etc. : je te dis tout.

Nous ne parlons pas la même langue !  

Quel est le problème ?  

On me dit souvent : « En fait, Lucie, nous ne parlons pas la même langue, nous ne comprenons pas. Du coup, nous nous disputons. » Ça revient très souvent, j’imagine que ça te parle. Il y a des couples qui viennent m’assurent : « La communication, c’est bon Lucie ! Nous communiquons, nous communiquons, nous communiquons… Et pourtant, nous ne nous comprenons pas. Et pourtant, nous n’arrivons pas à trouver un terrain d’entente. Nous communiquons, mais ça ne fonctionne pas, nous avons l’impression de communiquer pour rien, de perdre notre temps. Nous avons le sentiment de parler, parler, mais parler pour ne rien dire car l’autre ne comprend pas. Les mêmes discussions reviennent, encore et encore. Nous refaisons le même film. Mais ça fait pschit… Du coup, j’ai envie de vous apporter une clé par rapport à ce problème.

S’agit-il de rationnel ou d’émotionnel ?

Cette clé est toute simple. Demande-toi : s’agit-il d’une communication émotionnelle, ou d’une communication rationnelle ? Tu verras, tout est là. Est-ce de l’émotionnel, du ressenti ? Ou s’agit-il de rationnel, d’argumentaire ? Le nombre de fois où je vois des couples me décrire leurs conflits, leurs embrouilles, leurs disputes… et où, en fait, je constate qu’ils ne sont pas sur le même niveau. Ils ne parlent effectivement pas le même langage : l’un parle d’émotionnel, de ressenti, tandis que l’autre en face arrive avec de l’argumentaire. Ça ne peut pas fonctionner, puisque vous ne parlez pas de la même chose !

Exemples de communication bloquée dans des couples que j’ai accompagnés

Étudions des exemples que j’ai déjà travaillés avec des clients, pour que cela te parle. Dans un couple, elle avait un projet, disons plutôt une envie, de deuxième enfant. « Je le sens, j’ai envie, là, d’un deuxième enfant ! » En face, il avait l’air un argumentaire long comme le bras, mais vraiment long comme le bras : « Ce n’est pas le bon moment, nous sommes très bien, l’arrivée de notre première enfant a été compliquée. Ce fut complètement bouleversant, nous sommes encore fragiles, ce n’est peut-être pas le bon moment pour se lancer. Financièrement, ce n’est peut-être pas le meilleur moment. » Il présentait tout un tas de raisons argumentées, précises… et pertinentes ! Il était extrêmement pertinent, lorsqu’il expliquait pourquoi ce n’était pas le bon moment pour un deuxième enfant. En face, elle répétait : « Oui, mais j’en ressens l’envie. » Là, vous voyez bien : ils peuvent discuter comme ça pendant des jours, pendant des heures et des heures, sans jamais réussir à communiquer. Enfin… ils vont communiquer, mais ne trouveront pas de terrain d’entente. Quand bien même ils trouveraient un terrain d’entente, ce pourrait n’être qu’en surface :

  • Soit ce sera elle qui dira « OK, je comprends, ce n’est pas le bon moment »… mais elle aura toujours envie de ce deuxième enfant. Alors elle s’écrase, elle tait son besoin et son désir.
  • Soit lui acceptera : « OK, partons pour un deuxième enfant », alors qu’il est convaincu par A + B que ce n’est pas le bon moment.

Ça, c’est une situation dans laquelle on ne parle pas le même langage. L’un est dans l’émotionnel, l’autre dans le rationnel. On parle ressenti ou on parle argument. Souvent, dans les désaccords et conflits de couple, ça se mélange. L’un commence à évoquer son ressenti, l’autre répond avec de l’argumentaire.

Il n’y a pas longtemps, j’ai aussi rencontré un couple qui rencontrait un problème autour du sujet de l’enfant. Lui avait un ressenti : « Je ne me sens pas à ma place, j’ai du mal à trouver ma place de père. » Là, il s’agit de ressenti. Elle, en face, répondait : « Donne-moi des preuves, ce que tu exprimes n’est pas concret. Sur quoi ça repose ? » Elle lui répondait avec une liste longue comme le bras d’éléments décrivant comment il s’implique, comment elle fait en sorte de l’investir, de lui laisser sa place, etc. Elle parlait de tout ce qu’elle mettait en place pour qu’il ait sa place, ainsi que les exemples de moments où il avait sa place, etc. Là encore, c’est la même chose : ressenti contre arguments. Ça bute, ça ne fonctionne pas, ça ne marche pas.

Je voulais détailler des exemples, pour que tu vois bien de quoi je parle, que tu prennes conscience de ça, du fait que vous ne parlez pas le même langage.

Rationnel et émotionnel sont tous les 2 importants

Attention, je ne suis pas dans l’idée d’un jugement. J’ai vraiment envie d’insister là-dessus, car, souvent, dans notre monde un peu moderne, l’argumentaire prend le pas. Bien souvent, on tait, faire taire, le ressenti et l’émotionnel, car ce n’est pas argumenté, pas concret. Il n’y a d’arguments en face, pas d’exemples concrets, donc on peut adopter des postures telles que : « Écoute, tes sentiments c’est bien gentil, mais ça ne se base sur rien, donc remballe. Ça ne sert à rien. » Je trouve que c’est ça, l’état d’esprit de notre monde moderne. J’ai envie d’insister là-dessus, car à mon sens, ce n’est pas plus ou moins important. Je ne dis pas que l’émotionnel et le ressenti priment sur l’argumentaire. Je crois vraiment que ce sont 2 approchent différentes et qu’il n’y a pas de plus ou de moins important entre elles.

Cette différence de langage peut engendrer des déséquilibres

Mais on trouve souvent des couples avec l’un qui est à l’aise avec l’argumentaire, et l’autre qui a un fonctionnement axé sur le ressenti, qui le rendra moins à l’aise avec l’argumentaire. On arrive alors sur quelque chose de déséquilibré, d’inégalitaire, avec celui qui est hyper à l’aise sur l’argumentaire qui va :

  • soit exiger de l’autre qu’il développe son de manière argumentée son ressenti – ce que l’autre ne pourra pas faire, puisque c’est un ressenti ;
  • soit contrecarrer l’autre avec une foule d’arguments, jusqu’à ce que l’autre lâche, au bout d’un moment.

Je fais une parenthèse. Souvent, j’entends « Nous nous sommes expliqués, j’avais l’impression que l’autre avait en face avait compris, et en fait 2 jours après nous avons la même discussion… Qu’est-ce qu’il s’est passé ? L’autre en face n’a pas compris ? » Si, bien sûr que si, il a compris. Sauf que, effectivement, quand quelqu’un vous partage un ressenti, et qu’en face vous arrivez avec des arguments, des arguments, des arguments… la personne, en face, va lâcher, car elle aura l’impression de ne pas être comprise. Elle va lâcher, parce qu’elle verra bien, qu’au niveau argumentaire, elle ne fait pas le poids, donc ce combat-là n’a pas lieu d’être. Au bout d’un moment, soit elle va dire oui… mais ce sera un oui de façade : « oui d’accord, oui j’ai compris… mais mon ressenti est toujours là, c’est juste que je le fais taire. » Mais il n’a pas disparu, si bien que ça va revenir. Ça reviendra plus tard, ça reviendra d’une autre manière, mais ça reviendra, car ça n’aura pas disparu. Quand on est du côté de l’argumentaire, on a souvent cette impression de satisfaction : « J’ai bien expliqué, j’ai donné les bons arguments, donc l’autre en face va comprendre. » On constate que l’autre se tait, on conclue que l’autre a compris, on a l’impression que c’est réglé et on en éprouve une certaine satisfaction personnelle. Alors que non, non, non. Ce n’est pas réglé du tout, c’est juste que vous avez fait taire le ressenti de l’autre. Il s’agit uniquement de ça. Généralement, ça génère quelqu’un en face qui n’exprime plus ce qu’il ressent. Parenthèse fermée, je voulais simplement prendre le temps d’attirer ton attention là-dessus.

L’outil de communication que je te propose

Laissez de la place au ressenti

Ce n’est ni positif, ni négatif, ni mieux, ni moins bien : ce sont juste 2 manières différentes de communiquer. J’insiste : il n’y a pas de hiérarchie de valeur. Du coup, tu me vois venir : maintenant que tu as bien compris tout ça, qu’est-ce que tu en fais ? Une fois que tu sais si tu es dans l’émotionnel ou dans le rationnel, qu’est-ce que tu fais (parce qu’il faut bien communiquer, in fine) ? Ma proposition, c’est de vous inviter à faire de la place au ressenti. Laissez un espace pour le ressenti.

1 : est-ce qu’on est sur de l’argumentaire ou de l’émotionnel ? Soyez au clair, exprimez-le à voix haute.

2 : si on parle de ressenti, laissez parler le ressenti !

Bien évidemment que si vous avez des arguments en face : exprimez-les. Mais soyez au clair, entre vous, sur le fait que vous ne parlez pas le même langage et que, par conséquent, l’argumentaire que vous proposez apporte une autre vision, apporte une autre manière de voir les choses, mais il n’est en aucun là pour essayer de convaincre l’autre de faire changer son ressenti. Elle est là l’erreur, c’est d’essayer de faire en sorte que l’autre change son ressenti, qu’il soit étayé ou pas étayé. Si un ressenti n’est pas étayé, ça ne signifie pas qu’il n’existe pas.

Acceptez qu’un ressenti est réel même s’il n’est pas argumenté

Je fais un parallèle un peu bidon, mais j’avais vu un reportage qui m’avait marqué, il y a plusieurs années, autour des douleurs fantômes, dont on dit : « oh c’est dans la tête ». Vous savez, ces gens qui ont mal au ventre, mal à la tête, qui ont tout un tas de symptômes physiques, douleurs ou autres, qui ne reposent sur rien de médical, de tangibles, de physiologique. Certains banalisent cela en disant que « c’est dans la tête ». Peut-être ! Peut-être, que c’est dans la tête, que c’est psychologique et pas physiologique. Peut-être qu’il n’y a rien de médical qui explique ces douleurs, pour autant, ces douleurs sont toujours là. Quelqu’un qui vous dit qu’il a mal au ventre, même si c’est dans la tête, il a quand même hyper mal au ventre. La douleur est là. Le ressenti, même s’il ne repose sur rien, même s’il n’est pas étayé, il n’en est pas moins réel. Quelqu’un qui vous dit « J’ai envie d’un autre enfant. » ou « Je ne me sens pas bien. », « Je ne me sens pas à ma place. », ou encore « Je ne me sens pas bien dans notre relation. », sans pour autant étayer ce propos, il ne se sent quand même pas bien. Il est donc important qu’il y ai de l’espace pour cela. C’est important d’accueillir cela, sans le banaliser, le minimiser. Il ne faut pas le ranger au placard au seul motif que ce n’est pas étayé par des arguments. Je t’invite à assumer tes ressentis, à oser exprimer un ressenti et à être au clair : certes, je n’ai peut-être pas d’argumentaire, mais j’ai un ressenti et j’ai envie de le partager avec toi.

Communication bloquée dans le couple : pour conclure

Récapitulons. Je conseille :

  • d’être au clair sur ce dont vous êtes en train de discuter ;
  • de laisser de la place pour l’émotionnel.

Tu verras, ne serait-ce que ça, ne serait-ce que de prendre le temps de parler du ressenti, d’accorder un espace pour exprimer l’émotionnel, quitte à évoquer les arguments dans un second temps : ça change tout. Vraiment, ça change tout. Il n’y a pas forcément besoin de beaucoup plus que ça : reconnaître la langue dans laquelle on va s’exprime et reconnaître que la langue de l’autre a autant de valeur que la sienne. Là, déjà, à mon sens, c’est une belle clé de communication. Tu verras, en le pratiquant, que ça change la donne. L’idée n’est pas d’épouser un fonctionnement plutôt qu’un autre. L’idée n’est pas de ne faire que de l’émotionnel, que du ressenti, ni de faire que l’argumentaire. L’idée, c’est d’être au clair sur ce dont on parle, sur la sphère dans laquelle on se trouve et sur le fait que sa sphère n’est pas moins importante que celle de l’autre.

On arrive à la fin de cet article ! Dis-moi si ça te parle, si ça résonne chez toi. Racontez-moi si vous l’avez déjà expérimenté dans ta relation et comment. J’attends tes retours via mon site internet ou mon compte Instagram 😉 Je suis également à ta disposition si tu cherches des conseils pour prendre soin de ton couple ou sur les accompagnements que je propose en tant que thérapeute de couple.

Sortir de la dépendance affective | Définitions et étapes

Dans cet article, j’ai envie de te parler d’un gros sujet : la dépendance affective. J’ai hésité à le traiter, car c’est une thématique sérieuse, avec des problématiques parfois profondes, qui nécessitent de mettre en place de vraies thérapies pour en sortir. Mais je trouve qu’aujourd’hui, c’est un sujet étalé sur la place publique, avec un manque de discernement et beaucoup de généralisations… En tant que thérapeute de couple, pour toutes celles qui en souffrent réellement, en couple ou non, j’ai envie de donner une définition et des étapes pour sortir de la dépendance affective. Comment vaincre un manque de confiance en soi en amour ? Comment réapprendre à prendre soin de son couple et de soi-même ? Comment savoir si on est réellement concernée ? Je te donne mon avis.

Attention à ne pas la voir partout

Avant de commencer, j’ouvre une parenthèse pour avertir que cet article, c’est ma réflexion personnelle, à moi Lucie, thérapeute de couple. Je n’affirme pas que je détiens la vérité absolue. Il s’agit de mon approche et je t’invite, bien évidemment, à ne pas te contenter que de cet épisode de podcast, à écouter d’autres personnes qui traitent des étapes pour sortir de la dépendance affective et à te créer ta propre opinion, ton propre ressenti.

Je te conseille aussi de garder en tête l’idée que, selon moi, si on écoute le discours ambiant sur ce sujet, nous sommes tous un peu là-dedans. Or, pour moi, quand on est amoureux de quelqu’un, ou quand on est attiré par quelqu’un, il est évident qu’il y a une forme de dépendance. Ce n’est pas un problème ! C’est normal. C’est humain. Ça ne veut pas dire qu’on est dépendant affectif. Tu vois ce que je veux dire ? Cette nuance est importante, à mon sens.  

Quand tu es amoureuse de quelqu’un, bien évidemment que son avis compte, bien évidemment que tu attaches de la valeur au fait de plaire à l’autre, à ses ressentis, à ses remarques. Tu es influencée par l’autre et c’est normal, c’est OK. De la même manière, quand tu es dans une dynamique de séduction, que ce soit pour un nouveau partenaire quand tu es célibataire, ou pour ton conjoint quand tu es en couple, pour entretenir la flamme : bien évidemment que des modifications auront lieu en toi. Bien évidemment que tu vas t’adapter, changer, mettre en avant certains traits de ta personnalité ou de ton apparence physique, pour mieux plaire. Parfois, cette forme de dépendance à l’autre entraîne des pensées qui ressemblent à : « l’autre a de la valeur, l’autre a de l’intérêt, je me modifie pour lui plaire, je prends en compte l’avis de l’autre ». Tu peux très vite te sentir dépendante et te dire : « Ô mon Dieu, au secours ! Je suis dépendante affective ». Non : ça fait simplement partie du jeu des relations sentimentales. Elles impliquent une forme de dépendance à l’autre et, d’un point de vue un peu plus global, je crois aussi beaucoup à la dépendance entre individus. Nous sommes des milliards sur cette planète, je ne pense pas que ce soit pour vivre seul dans une grotte. Si nous sommes tous ensemble et si nombreux, c’est bien parce que nous sommes faits pour vivre ensemble. Toute cette croyance populaire autour de « quand tu y arrives seul, c’est mieux », ça me semble être parfois un non-sens. Je t’invite vraiment à réfléchir là-dessus. Si tu as ces croyances qui expliquent que : « quand c’est fait tout seul, ça a plus de valeur, quand c’est fait tout seul, c’est mieux, quand je suis autonome, c’est mieux », etc., alors j’ai envie de te demander : pourquoi ? Comment ? Quelle est cette évidence, quelle est cette croyance collective qui dit que si j’ai demandé de l’aide, c’est que je suis quelqu’un de faible ? Bref, excuse-moi pour cette parenthèse. J’espère que tu vois ce que je veux dire : bien évidemment que, dans nos vies, il y a un peu de dépendance… et c’est OK !

Définition de cette forme de manque de confiance en soi

Le besoin de l’autre pour se rassurer sur notre valeur

Revenons sur notre sujet : sortir de la dépendance affective. Tout d’abord : qu’est-ce que c’est ? Il ne s’agit pas juste de constater des comportements tels que : « l’avis de mon partenaire m’intéresse » ou « je me fais belle pour lui ». Ça va bien au-delà de ça et j’ai vraiment envie d’apporter un soin particulier à cette nuance. Souffrir de dépendance affective, c’est être dans l’incapacité de s’apporter certaines choses soi-même, relatives à la confiance en soi, à l’estime et à l’amour de soi, au point d’être dans une dépendance à l’autre, dans une obligation d’aller chercher chez l’autre de quoi se rassurer, parce qu’il est impossible de se rassurer soi-même. Un dépendant affectif n’arrive pas à s’accorder à lui-même de l’estime, à s’accorder lui-même de la valeur. Il vit avec l’idée que tout passe par l’autre, que l’autre est plus important, que l’avis de l’autre a plus de valeur que le sien. Là, on est vraiment dans l’ordre de la dépendance affective dans un sens pathologique, négatif, qui a vraiment un impact. J’espère que vous voyez la nuance.

L’image des 2 réservoirs

Pour présenter la dépendance affective d’une façon ludique (que j’utilise dans mon nouveau programme !) : imagine que nous avons en nous 2 grands réservoirs pour l’estime de soi, l’amour de soi, etc. De ces 2 grands réservoirs, l’un est rempli par l’extérieur, car oui : nous avons besoin que l’extérieur nous valorise, nous confirme que nous sommes dans le bon chemin, que nous allons dans le bon sens. Nous avons besoin de nous sentir aimés, valorisés par l’extérieur. Plein de choses proviennent de l’extérieur ! Mais, il y a aussi un réservoir que tu remplies toi-même. C’est ton boulot, c’est ton job.

Souffrir de dépendance affective, c’est avoir la croyance que les autres viendront remplir ce 2nd réservoir que tu n’arrives pas à remplir seule. C’est essayer de remplir un puits sans fond, car ça ne fonctionnera pas. Ça entraîne des doutes et exigences à l’encontre du partenaire, pour te rassurer encore et encore et encore. Ce n’est jamais assez, ce n’est jamais suffisant. Ce n’est jamais intégré. Les moments où tu reçois des paroles rassurantes de l’autre vont glisser. Ils ne vont pas s’ancrer en toi. Quand bien même il te dirait tous les jours qu’il t’aime, tu restes quand même en doute perpétuel et tu y resteras jusqu’à ce que tu aies réussi à sortir de la dépendance affective. Sans cesse, tu vas chercher le moindre signe qui pourrait venir te dire que « ah non ». Quand bien même il te répéterait tous les jours qu’il t’aime, il y aura toujours ce nouveau petit signe-là te fera penser que non. C’est ça, la dépendance affective.

La recherche extérieure de ce qui nous incombe à nous-même

Une personne dépendante affective attachera de l’importance à des micro-signes et, au contraire, n’attachera pas d’importance à ce que l’autre va renvoyer. Elle met tout sur le dos de l’autre, et en même temps n’est jamais satisfaite de ce qu’apporte l’autre. Il s’agit vraiment de ça : chercher à l’extérieur, chercher chez les autres, en permanence, de quoi se rassurer… sans que ce ne soit jamais suffisant, sans que ce ne soit jamais assez. C’est normal, ce sentiment de « pas assez », parce que ça ne peut pas fonctionner. Ce réservoir-là t’incombe à toi. Ce réservoir-là, quand bien même les autres te donneraient des trésors et des montagnes : ça ne le remplira pas. Si ça ne vient pas de toi, ça ne fonctionnera pas.

Les conséquences au sein d’un couple : pression et manque d’authenticité

Forcément, ça a des impacts dans une relation de couple. Forcément, ça crée des attentes surdimensionnées. Ça crée une pression sur les épaules du partenaire. Ça crée de la dévalorisation des 2 côtés :

  • une dévalorisation de toi-même, car tu as le sentiment de ne pas être suffisante ;
  • une dévalorisation pour l’autre, qui s’évertue sans cesse à répéter, à donner des preuves, qui pourtant ne sont jamais suffisantes.

Au final, ça engendre une relation compliquée, avec des doutes, des suspicions, de la jalousie. Ça provoque des besoins d’observer sans cesse, de chercher sans cesse des signes, de déceler sans cesse des preuves, etc. Ça crée des déséquilibres dans la relation, ça crée des conflits, ça crée des tensions, ça crée une forme de distance, en fait.

Ça crée quelque chose de l’ordre d’un manque d’authenticité, parce que, à un moment :

  • La personne qui souffre de dépendance affective voit que ça un impact sur son couple et donc elle se tait. Elle arrête de parler de ses doutes et de ce qui est compliqué. Elle constate que ça entraîne du négatif et elle n’a pas envie de perdre de l’autre. Il y a donc un manque d’authenticité, car elle n’est pas complètement elle-même : à l’intérieur elle est pleine de doutes, mais elle ne le montre pas.
  • Ça peut également créer un manque d’authenticité en face, car l’autre partenaire ne sait plus quoi penser, ne sait plus comment faire pour montrer qu’il tient à l’autre, qu’il est là, qu’il est présent. Du coup, lui aussi va se forger une carapace, une forme de protection. Il y a alors, là aussi, un manque d’authenticité car il n’est plus complètement lui-même.  

Étapes pour vaincre la dépendance affective

Ne pas rester seule avec un auto-diagnostique

Maintenant que j’ai précisé ce dont nous parlons ici, j’avais aussi envie de t’apporter mes conseils pour sortir de la dépendance affective. Comment passer à autre chose ? Comment vaincre cette forme de détresse ?

En premier lieu : à mon sens, on ne peut pas s’auto-proclamer dépendant affectif. Je pense que c’est une situation pour laquelle, souvent, on manque de neutralité. Tu peux, sans t’en rendre compte, grossir le trait ou au contraire, minimiser tes réactions. C’est pour cela que je trouve intéressant de faire appel à un professionnel, à un tiers, pour poser un diagnostic.

L’autre point que j’avais envie d’aborder, avant de te présenter les étapes pour sortir de la dépendance affective, c’est que, souvent, les gens s’enferment eux-mêmes là-dedans. Là, je t’ai donné 2 ou 3 éléments, si bien que peut-être que tu vas avoir le sentiment de te reconnaître. Tu pourrais te dire : « Ah ba voilà, c’est ça, je suis dépendante affective ». Tu pourrais toi-même te mettre une case et je trouve cela limitant, car de t’y enfermer toi-même aura forcément un impact… alors que tu n’es peut-être pas concernée. Je préfère te conseiller de faire appel à un professionnel, si tu as un doute. Fais appel à un tiers, ne reste pas avec des auto-diagnostiques. Ça ne sert pas à grand-chose à part à se prendre la tête !

Prendre conscience que le problème vient de soi

Rentrons dans le vif du sujet : comment sortir de la dépendance affective ? La première étape, à mon sens, c’est de se débarrasser de cette idée que l’autre est responsable. Lorsque je travaille ce sujet avec mes clients, je retrouve souvent des idées du type : « l’autre ne fait pas assez, l’autre n’est pas suffisant, je m’évertue sans cesse à lui dire ce qu’il doit faire, à lui dire ce dont j’ai besoin, à lui dire ce que j’ai besoin d’entendre, mais il ne le dit pas, il ne le fait pas, il ne comprend pas. J’aimerais tellement qu’il comprenne… Quand est-ce qu’il va finir par comprendre ce dont j’ai besoin ». À mon avis, il y a là quelque chose de l’ordre de la responsabilité de l’autre : tu penses que c’est l’autre qui n’a pas compris.

Cependant, si le problème vient effectivement de l’autre, si vraiment cette dépendance affective prend ses origines dans le comportement de l’autre, alors on est dans un cadre de manipulation, d’emprise… Il s’agit d’autre chose. Ce n’est pas de ça dont je parle ici ! On estime souvent que l’autre est responsable… parce qu’on n’a pas envie de faire un travail sur soi. Mais, quand c’est vraiment l’autre qui tisse une toile autour de soi, là on est sur de la manipulation, de la violence conjugale, etc. C’est vraiment un autre level. D’ailleurs : ne restez pas seule avec ça non plus ! Mais, à mon sens, si on n’est pas dans ce genre de schéma, mais sur un sentiment de dépendance affective, alors : le problème vient de soi. Par conséquent : si ça part de toi, alors la solution part de toi également. La dépendance affective représente l’image que tu as de toi-même, ça représente ton estime de toi.

Retrouver la blessure originelle

Ce n’est pas systématique, mais je vois bien avec mes clientes que, souvent, il y a un élément déclencheur à cette détresse. En général, ça part :

  • soit de l’enfance, du peu d’amour ou du manque d’amour qu’on a reçu, ou de la façon dont cet amour a été transmis, par exemple ;
  • soit d’une relation qui a abîmé.

Mes clients me le décrivent très bien… une fois qu’on a pris le temps de venir analyser ça en détails. De manière spontanée, souvent on ne se souvient pas bien, c’est flou. Je réalise donc un réel travail avec mes clientes, pour aller chercher les racines de cette première blessure originelle.

Quand il s’agit d’une blessure due à une précédente relation amoureuse, après cette introspection, elles expliquent bien qu’il y a un avant/après : « avant, j’étais confiante, avant je plaisais facilement, avant je n’avais pas de doute, j’étais bien, j’étais sûre de moi, etc. » Puis est arrivée une relation qui est venue les mettre à terre et tout remettre en question. Elles avaient confiance, mais elles n’ont pas « vu venir le truc ». Ça les a complètement déboussolées : « si je n’ai pas vu venir le problème une fois, qu’est-ce qui me dit que les fois prochaines, je vais pouvoir l’anticiper ? Peut-être que là, encore une fois, je ne vois rien mais que ça va venir ». C’est une relation qui vient bousculer complètement les repères, renverser les cartes, et il y a un avant/après. C’est souvent ce type de blessure originelle, qui, parce qu’elle n’est pas bien soignée, engendre la dépendance affective.

Soigner la blessure

J’en parle souvent : une blessure, pour qu’elle soit moins sensible, pour qu’elle arrête de se propager et de faire des dégâts : il faut la nettoyer, il faut la panser. Bien souvent, ces blessures-là ne sont pas prises en charge bien comme il faut, elles ne sont pas pansées bien comme il faut, si bien que plusieurs années après, plusieurs relations après, elles sont encore présentes et elles viennent complètement façonner les relations suivantes. Il me semble donc nécessaire de faire ce travail de recherche de la blessure, afin de pouvoir, enfin, en guérir. Comme je l’ai dit, souvent, ça vient de l’enfance ou d’une relation qui a été marquante, ou les deux. La guérison, la possibilité de sortir de la dépendance affective, ça passe par cette première étape de recherche. Ensuite, il faut entamer un travail sur soi, plus précisément sur la confiance en soi, et sur l’estime et l’amour de soi. C’est en restaurant ces 3 piliers-là qu’on pourra vaincre ce sentiment permanent d’insécurité.  

Se laisser le temps

Cela peut paraître évident, mais j’insiste sur un point : on parle bien de « dépendance ». Si le terme est celui de « dépendance » affective, c’est bien parce que le fonctionnement est le même que pour une addiction à un produit toxique. Il y a donc, de la même façon, une période de sevrage qui est plus ou moins longue. C’est un leurre de penser qu’il suffira d’une séance de thérapie ou qu’il suffira de lire un bouquin pour pouvoir se dire « hop je suis sortie de la dépendance affective ». Il s’agit vraiment d’un processus qui peut être long, d’un processus de compréhension de soi, de ses mécaniques, de ses blessures personnelles, etc. Ensuite, il faut progressivement réparer tout ça. À la fin, parce qu’enfin tu t’aimes suffisamment, parce qu’enfin tu as confiance en toi, parce qu’enfin tu penses être quelqu’un qui a de la valeur, alors tu sors de la dépendance affective et tu arrives à remplir toi-même le réservoir dont je parlais au début… et par conséquent tu as moins besoin d’aller le faire avec les autres. Tu as moins cette nécessité impérieuse d’aller chercher chez l’autre ce dont tu as besoin, parce que tu te l’apportes toi-même. Là, on est sur quelque chose de plus apaisé, de plus confortable et on sort, petit à petit, de la dépendance affective. Il n’y a pas de mystère, il n’y a pas de solution magique, pour sortir de la dépendance affective.

Sortir de la dépendance affective : en résumé

Pour moi, les grandes étapes-clé, c’est de :

  • comprendre que ça ne vient pas des autres, mais de soi et que la solution réside dans un travail sur soi ;
  • aller chercher la blessure originelle, souvent dans l’enfance ou dans une précédente relation ;
  • entreprendre un travail autour de la confiance en soi, de l’estime et de l’amour de soi.

Ces 3 piliers sont essentiels pour, petit à petit, remplir par soi-même son réservoir jusqu’à arriver jusqu’à quelque chose d’équilibrer.

Nous sommes arrivés à la fin de cet article. J’espère que cela t’aidera à mieux cerner ce qu’est et comment sortir de la dépendance affective. Si ce sujet fait sens chez toi et que tu ressens le besoin que nous échangions dessus, n’hésitez pas à m’envoyer un message sur mon compte Instagram. Bien entendu, je serais également ravie de recevoir tes messages si tu as des questions sur mon accompagnement de thérapeute de couple, dont le but est de te donner tous les outils nécessaires pour prendre soin de son couple.

Il ne sait pas ce qu’il veut | 3 conseils pour rester sereine

Il ne sait ce qu’il veut avec toi, il ne sait pas s’il désire poursuivre l’aventure de votre couple ou la quitter et tu demandes comment gérer, comment te comporter avec un homme indécis ? En tant que thérapeute de couple, je t’assure que les phases d’attente sont très fréquentes dans les relations amoureuses. Il peut s’agir de cette période où ton partenaire est perdu entre l’envie de continuer et l’envie d’arrêter, ou, par exemple, ce moment après une rupture, où il t’a quittée mais qu’il reste encore une porte ouverte… Je te propose 3 conseils pour tâcher de prendre soin de ton couple et de toi dans ces moments où tu attends que l’autre comprenne, que l’autre réfléchisse, que l’autre ait pris sa décision.

1.      N’écoute pas le discours ambiant s’il ne te correspond pas

On peut choisir de partir et de refuser d’attendre l’autre

Le discours ambiant autour de cette problématique, je le trouve un peu simpliste. Je trouve qu’il se base sur une vision partielle de la réalité. Je parle ici de tous ces gens qui, face à ton « Il ne sait pas ce qu’il veut pour nous 2, je me demande comment gérer ça », te répondront :

  • « Mais attends, tu mérites bien plus que ça ! »
  • « Comment ça, t’es là à attendre après un homme ? Tu vaux plus que ça ! »
  • « S’il n’a pas vu toute ta richesse, toute ta valeur, alors dégage-le, il n’en vaut pas la peine… »
  • « Un de perdu, 10 de retrouvés ! »
  • « Tu mérites quelqu’un qui te veut et qui te veut maintenant et si ce n’est pas le cas, il se casse. Tu trouveras bien mieux ! »

Tu vois à quel discours je fais allusion ? Instagram et Pinterest regorgent de citations qui vont dans ce sens ! Bien évidemment, je ne m’oppose pas à ce discours ! Bien sûr que tu mérites mieux que d’attendre… si ce discours te parle. Dans ce cas, banco ! Signe, avance et trouves-en 10 bien mieux et bien plus beaux ! Si ça résonne en toi, alors je dis oui, un grand oui ! Plein de contenus existe sur les réseaux sociaux pour te renforcer dans cette certitude et obtenir du soutien ! Généralement, quand on est dans cet esprit-là, on a seulement besoin d’être boostée avant de passer à l’action.

Mais on peut aussi choisir de rester et d’attendre

Simplement, selon moi, ce point de vue ne représente qu’une vision partielle de la réalité. C’est un chemin qui est possible, mais, en tant que thérapeute de couple, je croise aussi plein de femmes qui ne sont pas dans cet état d’esprit-là. J’en croise plein qui n’ont pas envie de quitter leur homme, en fait, qui n’ont pas envie de se tourner vers la rupture, même s’il ne sait pas ce qu’il veut. Elles n’ont pas envie d’attendre, ça les embête… mais elles ne veulent pas partir non plus. C’est bien d’en trouver 10 autres, mais peut-être que toi, tu n’en veux pas d’autres, c’est lui que tu veux. De la même façon, j’ai déjà rencontré des femmes qui veulent un enfant et qui sont en couple avec un homme qui ne sait pas s’il partage ce désir. Il ne sait pas s’il en a envie ou pas, ou bien dans l’immédiat il n’en veut pas, mais il ne sait pas s’il en voudra plus tard… C’est dur, cette attente, et bien sûr que tu as le droit de décider que tu refuses de l’accepter. Cependant, je rencontre aussi des femmes qui, peut-être comme toi, me répondent que « Ben oui mais… c’est avec lui que je veux des enfants. » C’est vraiment à ces femmes-là que j’ai envie de m’adresser dans cet article. Je fais vraiment la part des choses : comme je l’ai dit, il y a 2 types de réponse à ces phases d’attentes et l’une n’est pas moins bonne que l’autre. Je n’émets aucun jugement de valeur, mes propos sont dénués de notion de hiérarchie par rapport à ces attitudes différentes. Il s’agit simplement de 2 chemins possibles. S’il hésite, et se faisant qu’il te fait attendre, et que tu ressens que tu mérites mieux que ça et que tu as envie de partir : fais-le ! Mais si tu sens que c’est lui que tu veux et que tu préfères attendre, c’est OK aussi. Ce n’est pas moins bien. Ça ne fait pas de toi une femme moins forte, ni une moins bonne femme. Ça ne signifie pas que tu n’es pas une battante, ni que tu es une femme soumise qui subit parce qu’elle ne comprend pas à quoi elle a droit. C’est vraiment ça, le message que j’aimerais te faire passer aujourd’hui.

2.      Pose tes conditions pour ne pas subir l’inconfort de l’attente

Je m’adresse donc à toutes celles qui ne se sentent pas de partir pour en retrouver 10 ! 😉 Être dans cet état d’esprit d’attente, parce que l’autre est confus, que ce soit parce qu’il ne sait pas ce qu’il veut pour votre couple ou parce qu’il est hésitant dans son désir d’enfant par exemple, soyons claires : c’est extrêmement inconfortable. Cette position d’attente dans laquelle tu te mets, dans laquelle tu veux bien te mettre, elle est d’un inconfort incommensurable parce qu’elle ne laisse aucune visibilité. Il réfléchit… mais il réfléchit 2 jours, 2 mois, 2 ans ? De plus, face à cette incertitude totale, tu es sans doute bourrée de doutes ! Est-ce qu’il réfléchit vraiment ? Ou bien est-ce qu’il a pris sa décision, mais qu’il n’ose pas me le dire ? Cela aussi, vient te parasiter, en plus de ce discours ambiant qui t’explique que si tu ne te barres pas, c’est que tu n’es pas assez forte, que tu es passive, soumise, presque que tu es bonne à rien. Cette image non plus, ne fait pas du bien. 😉

J’aimerais apporter de la bienveillance à toutes les femmes qui se sentent concernées ! En premier lieu : je vais faire un peu d’auto-promo 😉, mais si cette problématique te parle, mon programme « Où j’en suis dans mon couple » est clairement prévu pour toi ! 😉 Si tu te sens perdue dans ta relation, cet accompagnement t’aidera à te situer. Mais par ailleurs, ce que j’ai envie de te dire, c’est qu’il faut que tu crées tes conditions pour rendre cela acceptable. C’est OK d’être dans l’attente de l’autre. Dans la réalité, plein de gens vivent cela. Mais je te conseille de créer tes conditions pour que ce soit OK pour toi. Tu peux rendre plus confortable pour toi cette phase où tu attends que l’autre réfléchisse, puis prenne une décision. Je t’invite à mettre en place tes propres sécurités, à délimiter toi-même ton propre cadre bienveillant. Ça peut être une question de temporalité, par exemple : « OK, je veux bien que tu prennes le temps de prendre ta décision, mais j’attendrais 2 semaines, ou 2 mois, mais pas 2 ans ». Ça, c’est peut-être un contexte qui te convient. S’il réfléchit sur votre relation et que, du coup, vous êtes en break : quelles sont les règles du break ? As-tu le droit d’avoir d’autres relations pendant le break, parce que vous êtes en break, ou pas ? Il ne faut pas que ta charge mentale, déjà lourde de cette position inconfortable, soit accentuée par d’autres questionnements qui ne sont pas éclaircis, pas finalisés, sur lesquels aucun mot n’a été posé.

3.      S’il ne sait pas ce qu’il veut, recentre-toi aussi sur toi-même

Pour ne pas t’oublier

Dans ces moments-là, j’invite à un recentrage sur soi-même. Quand on est dans ce genre de situation, on a tendance à glisser vers une posture qui ressemble à : « Je veux que l’autre prenne telle décision. » Si tu es comme cette femme qui évoquait avec moi, sur Instagram, le fait que son partenaire ne savait pas s’il voulait encore de leur relation ou non, j’image que tu as envie qu’il reste. Les pensées telles que « Je ne veux pas qu’il me quitte » peuvent t’amener, consciemment et inconsciemment, à mettre en place des stratégies pour influencer l’autre. C’est pour cela que j’invite toujours, dans les périodes de grande fragilité, à être soutenue, accompagnée. Ça peut être par un professionnel, ça peut être par ta famille ou par des amis, peu importe, mais mets du monde autour de toi ! Choisis du monde qui t’aidera à te recentrer sur toi, pour ne pas t’oublier. L’attente de la décision de l’autre engendre un cataclysme, un déséquilibre. Tu es dans une posture particulièrement instable, si bien que, généralement, pour ne pas rester dans cette instabilité, tu vas te tordre dans tous les sens pour essayer de répondre à ce que tu penses être ce que l’autre aimerait de toi. Cette envie de plaire, de correspondre à l’autre, ça t’éloigne de toi, ça génère de la distance avec toi-même, avec ce que toi tu aimerais. « Oh mon Dieu, j’ai senti un déséquilibre, il y a une éventualité qu’il me quitte, ou que nous n’ayons pas d’enfant… alors je vais me transformer, pour être sûre que ça fonctionne. » Cela m’évoque ce jeu où le petit-enfant doit faire rentrer des formes dans les cases correspondantes : dans ce type de situation, tu risques de te retrouver comme un rond qu’on essaie de rentrer dans l’emplacement carré.

Pour éviter de creuser l’éloignement

Se faisant, non seulement tu ne prends pas soin de toi, mais surtout tu ne travailles pas sur le fonds du problème, en fait. À mon sens, s’il ne sait pas ce qu’il veut pour vous 2, alors il est dans une réflexion qui nécessite de la distance. Il a besoin d’adopter une vision « en-dehors » du couple, en-dehors de toi, de votre relation. C’est déjà, en soi, un éloignement par rapport à toi. Si, de ton côté, tu ne restes pas authentique, ça rajoute une couche d’éloignement entre vous deux : lui réfléchit sans toi, et toi tu deviens une autre. Certes, tu le fais en tentant d’être celle dont il a envie… mais ce n’est pas forcément toi, ce qui participe à un éloignement. Je t’invite donc à travailler à te recentrer sur toi et sur ton couple. D’ailleurs, que ce soit pour celui qui mène une réflexion ou pour celui qui attend la prise de décision, je conseille, dans la mesure du possible, de garder les 2 en tête :

  • un espace de réflexion autour de soi et de soi au sein du couple ;
  • un espace de réflexion « en-dehors » du couple, pour prendre du recul.

Garder un pied dans le couple, en maintenant une réflexion autour du couple, ça permet d’éviter, ou en tout cas de limiter l’éloignement. Éloignement qui, soit dit en passant, n’est pas non plus dramatique ni monstrueux ! Ça arrive à plein de gens, de faire un break et on peut revenir d’un break. Mais dans le break, il y a une notion d’éloignement. Si on s’est éloigné… ça signifie qu’un travail pour se retrouver sera nécessaire. Si on peut éviter l’éloignement, en gardant toujours un lien, ce sera toujours ça de moins à reconstruire ensemble lors des retrouvailles.

En résumé

En résumé, s’il ne sait pas ce qu’il veut et que tu te sens perdue face à la réaction à adopter, voilà ce que je te conseille :

  • Au message « tu mérites mieux que ça, ne reste pas là », je dis bravo… si ça résonne chez toi ! Mais si non, bravo aussi ! Ce n’est pas moins bien.
  • Si tu es dans ce cas-là, je te conseille de te demander ce que tu peux construire pour que ce soit confortable, pour te recentrer sur toi, pour que toi aussi tu trouves ton compte là-dedans.

De plus, je répète souvent ce message : tu ne subis pas ce qu’il t’arrive, tu prends une décision. Le fait de dire « je mérite mieux, je me casse », c’est une décision. Le fait de dire « moi je reste, j’attends », c’est une décision. Tu ne subis pas, tu prends une décision. Remets-toi au centre de ce qu’il se passe pour toi, car c’est toi qui décides ce que tu fais de ta vie. C’est toi qui décides le fait d’être encore là et d’attendre… donc pousse le choix jusqu’au bout : « Moi je décide d’attendre, mais pas à n’importe quel prix. Je décide d’attendre dans un contexte qui est favorable pour moi, dans un confort qui me convient. » Si ces conditions favorables pour toi sont un peu obscures, si tu ne sais pas trop quoi mettre dedans, si tu te sens un peu déboussolée, si tu as peur de perdre l’autre et que tu ne sais pas quoi mettre en place face à ça : n’hésite pas à venir vers moi ! C’est une réflexion que je peux mener avec toi, dans le cadre d’une séance ou dans le cadre d’un accompagnement.

J’espère que cet article t’aura fait du bien ! Pour terminer : n’hésite pas à partager avec moi sur mon compte Instagram les sujets que tu aimerais que j’aborde ! Je serais ravie de me pencher dessus pour une prochaine fois 😉 D’ici là, prend soin de ton couple et de toi !

Prendre soin de son couple grâce à l’art et aux sens

Spontanément, tu pourrais penser que je me suis perdue si je te dis que, dans cet article, je vais échanger avec toi autour des arts et du couple. Non, rassure-toi. J’aimerais que nous abordions ensemble ces sujets parce que je pense que les mettre en lien peut avoir des conséquences intéressantes, tant pour prendre soin de son couple que pour raviver sa sexualité. Je te propose mon point de vue de thérapeute de couple, avec un préambule et 3 idées concrètes à tester avec ton partenaire pour ramener les sens à leur juste place dans ta vie. 

Les arts pour apporter du plaisir aux sens

Les arts… Qu’y a-t-il derrière le monde des arts ?  Qu’est-ce que c’est, un art ? Quand on parle d’art, on pense souvent, par exemple, à la musique. C’est d’ailleurs en échangeant avec une cliente sur Instagram, autour de l’importance de la musique dans son couple, que j’ai eu envie de parler des arts et de la puissance des arts dans une relation amoureuse. Pour le couple de cette cliente, c’est la musique qui est importante. Mais il n’y a pas que la musique ! Il peut aussi s’agir des arts visuels, comme la peinture, ou des arts manuels. Chacun mettra sa définition sur le mot « art ». En ce qui me concerne : un art est quelque chose qui fait appel à nos sens, avec une volonté d’apporter du plaisir à nos sens. Cuisiner des pâtes au beurre, par exemple, ou cuisiner un plat hyper simple et classique : certes, ça fait appel à tes sens. Mais il n’y a pas de recherche comme lors d’un repas gastronomique, où tes papilles éclatent, s’envolent.

La différence vient de l’intention qu’on met derrière. De la même manière, lorsque je dessine avec mon enfant de 4 ans, je n’y mets pas la même intention qu’un peintre qui crée une œuvre d’art. Selon moi, il y a vraiment, dans l’art, cette idée de sublimer les sens, et là, ça nous intéresse. Là, on peut faire un lien avec l’envie de prendre soin de son couple. Je vais donc te parler de l’importance et de l’impact que ça peut avoir de mettre de la conscience sur tes sens. J’aimerais éveiller en toi la volonté de les stimuler, notamment dans ta relation amoureuse. Pour cela, je vais te proposer 3 pistes pour sublimer ton couple et ta sexualité grâce à tes sens.

L’art et les sens pour apporter du fun dans sa relation amoureuse

La première idée que j’ai envie de te suggérer pour prendre soin de ton couple grâce à l’art, c’est la possibilité d’utiliser les sens pour le fun. Cela revient tellement, tellement souvent dans les échanges que j’ai en tant que thérapeute de couple : « On veut du fun dans notre couple ! » Tu veux du léger, tu veux que ça pétille, tu veux des paillettes, tu veux être complice avec ton partenaire… Tout ça, c’est le même registre d’envies et je le retrouve extrêmement souvent dans mes accompagnements. C’est vraiment très courant comme envie, surtout, il faut se le dire, chez les filles. Si tu es dans une phase de célibat, ou dans une phase de ta relation où tu ressens ton couple comme gris, mou, où tu as la sensation que ça ne s’envole pas, qu’il n’y pas de peps, etc… Ça vient d’où ? Ça vient d’une baisse, d’un manque de stimulations de tes sens. 

Tu es un être humain avec des sens, qui ont besoin d’être stimulés. Pour rappel, dans le doute, les 5 sens comprennent : l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût et la vue. Ces 5 sens font partie de ton expérience de vie humaine, ainsi, s’ils manquent de stimulation, tu as l’impression que quelque chose cloche, que quelque chose ne va pas. Ça fait partie de ta vie, donc c’est normal d’avoir envie de mettre cela dans ta relation de couple. C’est en général très présent au début de l’histoire d’amour : regarder l’autre, le dévorer des yeux, admirer le corps nu de l’autre, etc. : tout ça sublime le regard. Il en va de même avec les autres sens : certains couplent, dans les débuts, échangent au téléphone pendant des heures et des heures, s’envoient des liens de vidéos ou de musiques qu’ils aiment, etc. Tout cela stimule et fait du bien. 

Si tu es dans une phase de ton couple un peu mollassonne, je te suggère de te demander : « Quel est notre à sens à nous deux, pour le fun ? » Est-ce que ça passe par la danse, par la musique ? Est-ce que ça passe par quelque chose de beau à voir, comme une exposition ou un paysage ? Est-ce que ça passe par du toucher, de la caresse, des câlins ? Est-ce que ça passe par le goût, par la bouche, avec le plaisir gustatif d’un bon repas ? Comment ça fonctionne chez vous, le fun et la spontanéité ? Si je te parle de légèreté, de plaisir, de rigolade, de complicité, quelles images te viennent à l’esprit ? Pars de ça, car les premières images qui traversent ton esprit reflètent les sens qui fonctionnent dans ton couple. 

Je mets toutefois un bémol, car je les vois venir, les pessimistes : « Mais Lucie, c’est le covid, tout est fermé… » Oui, je sais, moi aussi je vis dans cette situation pesante. Mais tu peux aller au-delà de ça. Si la complicité de ton couple est transportée par un moment gustatif, ne me réponds pas que « les restaurants sont fermés ». Je le sais ! Beaucoup de couples que je reçois ces derniers temps s’arrêtent à ce premier obstacle. « Nous, on aime bien aller au restaurant, mais ils sont fermés. Nous, on aime bien aller au cinéma, mais ils sont fermés. » Du coup : il n’y a plus rien, fermez la porte il n’y a rien à voir, « on peut pas ». Je t’invite à aller plus loin : ce ne sont pas les restos qui vous plaisent, c’est le fait de partager quelque chose de gustatif ensemble. Ce ne sont pas les cinémas qui vous plaisent, c’est le fait d’en prendre pleins les yeux ensemble. La question à te poser, c’est : comment pouvez-vous aller au-delà de ça ? Demande-toi comment stimuler le goût sans les restaurants. Je t’assure qu’il y a 1001 façons de procéder !

L’art et les sens pour prendre soin de son couple en se connectant avec l’autre

La deuxième idée que j’ai envie de partager avec toi pour prendre soin de ton couple grâce à l’art et aux sens, c’est la possibilité de les utiliser comme moyen de connexion à l’autre. Bien souvent, dans une relation amoureuse, la connexion à l’autre passe par la sexualité. Ce n’est pas forcément la sexualité, mais cette connexion passe souvent, entre autres, par ça. Là encore, beaucoup de couples me consultent en m’expliquant : « Nous, ça va bien, mais pour notre sexualité… on a connu mieux ». De la même manière que pour mon premier point : en général, dans les débuts du couple, la sexualité est très orientée vers les sens. On est dans l’hypersensibilité, et ça se perd avec le temps. Au fil des ans, on bascule sur une sexualité « efficace », voire même « alimentaire », à l’instar d’un job alimentaire. Certains couples se retrouvent à avoir une sexualité parce qu’il faut avoir une sexualité, de la même façon que certains ont un boulot parce qu’il faut payer son loyer. Or la sexualité alimentaire, la sexualité efficace n’explore pas les sens. Elle va à l’essentiel et cela peut créer un ressenti tristouille. Dans ce cas, c’est intéressant de remettre les sens au cœur. Ça pourra redynamiser ton couple, ta libido, ta sexualité. Prends quelques minutes pour penser à ta sexualité et dis-moi quel sens cela t’évoque. Ne pars pas du principe que le toucher est forcément le premier sens, car cela dépend des personnes, cela dépend des couples. Laisse-toi aller à l’exploration. D’autres sens existent, projette-toi : qu’est-ce qui te donne du plaisir, qu’est-ce qui attise ton désir de l’autre ? Est-ce le toucher, la vue, le goût ? Ou bien est-ce l’odorat, car les odeurs et les parfums peuvent être très stimulants ? Si tout ça t’intéresse, je te conseille de te pencher sur mes programmes d’accompagnement

En résumé, l’idée c’est de remettre les sens au cœur de ta sexualité. Tu verras que ça va dynamiser tes ressentis et les rendre moins tristouilles, moins mollassons. 

L’art et les sens pour le lien avec son propre corps

Enfin, au-delà des liens entre les arts et le couple, j’avais envie de parler la pertinence des sens dans son rapport à soi. Parfois, quand quelque chose est compliqué dans le couple, c’est parce que quelque chose est compliqué avec soi-même. Il y a une espèce de logique mathématique : si tu ne vas très bien, c’est plus compliqué de prendre soin de ton couple, de l’entretenir et de faire en sorte que ça se passe bien dans ta relation amoureuse. En tant que thérapeute de couple, je reçois souvent des couples qui ne vont pas bien… dans lesquels soit l’un des deux, soit les deux partenaires ne vont pas très bien, sont en train de traverser une épreuve personnelle. Forcément, cela a un impact sur leur relation. Quand on est soi-même dans un bilan personnel, où on fait le point sur ses besoins : « qu’est-ce que je veux, moi ? Où est-ce que je me situe, moi ? Et moi là-dedans ? » Il y a des phases, des moments de la vie, pendant lesquels on se recentre sur soi. Là encore, ça peut être très puissant de passer par les sens.

Souvent, dans ces phases-là, quand ça ne va pas très bien, on est à fond dans le mental. On résonne, on réfléchit, on analyse, on tire des conclusions, on cherche à comprendre. La tête, la tête, la tête, le mental, le mental, le mental… Sauf que, parfois, on finit par être bloqué, à n’utiliser que son mental. Quand tu passes des jours, des semaines, des mois à te répéter, encore et encore, les mêmes pensées mais que ça ne fonctionne pas au niveau du mental : ça peut vouloir dire qu’il faut descendre d’un étage. C’est un peu comme s’il y avait un bouchon : il y a un bouchon là, ça ne passe plus, donc ça ne sert à rien que tu t’acharnes. Essaie de descendre d’un étage : si ça bloque au niveau du mental, essaie d’écouter ce que dit ton cœur, essaie de prêter attention à ce que dit ton corps. « Quand je pense à ça, que se passe-t-il en termes de sensations physiques ? Que me dit mon cœur, que me dit mon corps ? » 

J’ai envie de faire un focus sur ces moments où tu traverses quelque chose de douloureux dans ton couple et que tu essaies de tourner la page. J’ai déjà évoqué cela lorsque j’ai traité le thème de l’infidélité. Peut-être as-tu déjà rencontré ce moment dans ta vie : il y a eu une infidélité, tu as décidé de pardonner, mais tu continues malgré tout à te prendre la tête, tu continues à avoir des doutes, etc. Tu ne comprends pas pourquoi cela continue à tourner en boucle dans tes pensées alors que tu as sincèrement décidé de pardonner. Mon avis, c’est que tu as décidé de pardonner avec ta tête, mais qu’au niveau de ton cœur, on n’y est pas encore. Alors, ça peut être intéressant de redescendre au niveau de tes sens et de ton corps, pour terminer ce chemin. 

Malheureusement, cette reconnexion avec son propre corps, ce n’est pas toujours simple à établir, ou à rétablir. On me dit souvent que « moi j’aimerais bien Lucie, mais c’est un peu confus ». Et je comprends ! Quand on n’a jamais vécu avec cette mécanique, cela demande un réel travail, et du temps. Nous sommes nombreux dans ce cas, car notre société ne se comporte pas ainsi. Moi-même, pendant très longtemps, j’ai fonctionné comme ça. Je ne vivais qu’avec ma tête.  Je me souviens que, lorsque des gens qui me disaient : « Quand je suis triste, ça me sert le cœur », moi je pensais : « Ba non… moi quand je suis triste, je suis triste… Mais je ne ressens rien dans mon corps, quand je suis triste ». Pendant très longtemps, j’ai fonctionné dans cette dissociation corps-tête. Si toi aussi tu es dans ce cas-là : rassure-toi, ce n’est pas une fatalité 😉

Pour te reconnecter avec ton corps, il faut consciemment accorder aux sens leur juste place. Il faut partir à leur exploration, à chaque occasion qui se présente. Petit à petit, tu redescendras dans ton corps et reconstruiras le lien avec toi-même, dans la compréhension de tes besoins. « Je suis en train de penser quelque chose, de penser quelque chose, mais je sens que mon cœur, que mon corps, m’envoient un autre message. » Il s’agit, si je puis dire, de prendre une photo plus large de toi-même et de réaliser qu’il n’y a pas que ta tête qui te compose. Il y a, aussi, d’autres aspects de toi qui fonctionnent, qui parlent et qui ont des choses à te dire. In fine, en étant plus en lien avec toi-même, tu découvriras d’autres outils pour enrichir ta relation amoureuse.

On arrive à la fin de cet article sur les arts et le couple ! C’était un sujet un peu particulier, mais j’ai trouvé cela intéressant, comme point de vue, et je suis contente de l’avoir partagé avec toi. J’espère que ça t’aura apporté quelque chose dans ta manière de prendre soin de toi et de prendre soin de ton couple. Si tu as envie d’échanger plus en détails sur ce sujet, je t’invite à consulter mes accompagnements ou à échanger avec moi-même via mon site internet ou mon compte Instagram

Mettre de la magie dans son couple

Dans cet article, j’ai envie de te parler d’un sujet qui résonne beaucoup en moi : la magie dans le couple – et dans la vie en général. Ne pars pas en courant, rassure-toi : il ne sera pas question de grimoire de sorcière ni de potion magique 😉 Ce n’est pas l’ambiance de la maison ! J’ai envie de te faire réfléchir sur une autre forme de magie dans les relations, qui pourra t’aider à prendre soin de ton couple. Alors que ça se passe bien avec ton partenaire amoureux, tu as pourtant la sensation que votre couple est terne, plat, comme « gris » ? Tu ressens l’envie d’éprouver des sensations plus fortes, des émotions plus intenses ? En tant que thérapeute de couple, je te donne ici quelques pistes pour pimenter ta relation amoureuse en invitant la magie dans ton couple et dans ta vie.

1. La magie n’est pas réservée aux enfants et aux gens bizarres

La première piste sur laquelle j’ai envie de t’emmener pour retrouver de la magie dans ton couple, c’est de la remettre à sa juste place dans ta vie. Dans nos sociétés, dans la manière dont nous fonctionnons aujourd’hui, tout ce qui est de l’ordre de la magie est réservé aux enfants. J’évoque là l’émerveillement, l’éblouissement, ce que j’appelle, moi, les vibrations émotionnelles fortes. Il s’agit de ces moments où nous sommes très heureux ou très tristes. Le fait de vivre intensément nos émotions est assimilé à l’univers des enfants. Aujourd’hui, dans l’éducation positive, on appelle cela des « tempêtes émotionnelles », autrefois, on appelait cela plutôt des « caprices ». Cela correspond, par exemple, à cet enfant très en colère qui va se rouler par terre et hurler. Il réagit ainsi parce que sa tristesse passe par son corps. Tout comme un enfant heureux sera très joyeux et l’exprimera avec son corps, en sautant sur place ou en trépignant. 

Ça me rappelle un spécialiste, que j’avais vu à la télé, qui parlait d’hypersensibilité. Il expliquait qu’il reçoit beaucoup de parents qui pensent que leur enfant est hypersensible, alors que dans la majorité des cas : c’est juste un enfant. Bien sûr, il existe effectivement des enfants hypersensibles, ainsi que des adultes hypersensibles. Mais ça ne représente pas la majorité des gens. Cependant, dans notre société nous ne sommes tellement pas habitués aux émotions intenses qu’en tant qu’adultes, nous les trouvons disproportionnées. Les joies spontanées et plaisirs intenses du quotidien que vivent les enfants nous paraissent excessifs. Hurler de joie, avoir un fou rire, sauter sur place d’excitation, etc. : cela nous semble être des réactions d’enfants, parce que cela tient d’un émotionnel vibrant, intense, puissant, fort. 

Notre société attribue ces vibrations émotionnelles fortes, où le cœur palpite, soit aux enfants, soit aux adultes un peu… bizarres, ceux dont on se dit : « Mais qu’est-ce qu’il lui arrive à lui ? Pourquoi il s’excite comme ça ? C’est quoi son problème ? » Dans la grande masse, les adultes expriment leurs émotions plutôt à petite dose, de façon contrôlée : « Hé, détends-toi, ne t’emballe pas. » Notre société nous apprend que, lorsque nous devenons adultes, nous n’avons plus besoin, de ces émotions. À 18 ans, et même avant, ça y est, tu n’as plus besoin de magie.

Grâce à mon expérience personnelle et à ma pratique de thérapeute de couple, plus le temps passe et plus je me rends compte que non, ce n’est pas vrai. La magie, l’incroyable, l’extraordinaire, ça concerne aussi les adultes. Ce n’est pas un « truc d’enfants », qui s’arrête quand on grandit. L’émerveillement, le fait de vibrer, la capacité à apporter de l’incroyable dans son quotidien, c’est humain, ce n’est pas réservé aux adultes, ni aux enfants. D’ailleurs, on entend souvent des discours tels que « réveille l’enfant qui est toi ». Cela montre bien, d’une part, que nous estimons, en tant qu’adultes, que nous n’en avons plus besoin et que cela ne nous concerne plus, voire n’existe plus en l’adulte que nous sommes. D’autre part, cela montre que nous assimilons ça à des histoires d’enfants. « C’est le petit-enfant qui est en toi et qui a besoin de s’exprimer… » Non ! Non, le fait de vouloir ressentir, vivre et expérimentez de l’incroyable, de la magie, de l’extraordinaire : c’est aussi pour les adultes. C’est commun à tous les êtres humains, au sens large, enfants et adultes. Mais les adultes ont progressivement été coupés de ces sensations-là. 

Outre les enfants et les gens « bizarres », il y a une troisième catégorie de personnes qui vivent dans la magie, moins évidente à déceler. Grâce à mon cheminement personnel et aux accompagnements que je réalise, j’ai croisé beaucoup de femmes qui associent cette magie, ce « waouh », cette façon passionnelle de vivre à du dangereux. Notamment, en matière de couple, à des hommes « dangereux », pas très fréquentables, qui souvent, sont des hommes qui s’affranchissent du cadre de la société. Ils sont perçus comme dangereux parce qu’ils sortent de ce cadre qui demandent que les adultes soient sérieux, fassent preuve de rigueur, etc. Parfois, ces hommes qui s’affranchissent du sérieux que la société nous demande en tant qu’adultes, s’affranchissent également de tous les autres cadres, si bien que ça peut donner des hommes peu respectueux, un peu « bad-boys », un peu « délinquants ». L’homme et la femme plus « classiques » sont, eux, dans le sérieux, dans le carré, dans le cadré. 

Le premier pas vers plus de vibrations émotionnelles fortes dans ta vie, selon moi, c’est de prendre conscience de cela. 

2. La magie dans le couple, c’est colorer une relation grise 

Recentrons-nous maintenant sur la place de cette magie dans le couple ! Dans ma pratique de thérapeute, j’ai souvent observé des conjoints qui s’éloignent avec le temps, parce que leur relation est composée de routines et de contraintes, parce qu’ils vivent de façon pratique, efficace… Cette façon de vivre, c’est « gris », tu vois ce que je veux dire ? C’est plat, terne. Ce n’est pas palpitant. À mon sens, les êtres humains au sens large, y compris les couples, ne se sentent pas complètement eux-mêmes dans ce gris. Ils leur manquent quelque chose, parce qu’ils ont envie de paillettes, de couleurs. Ils ont envie que ça vibre ! Ce gris, dans lequel ils vivent, entraîne un mal-être sur lequel ils n’arrivent pas à mettre de mots. Ils me disent « Oui on est amoureux, oui ça va bien entre nous… », et je suis sûre que c’est le cas ! Mais je sens ce plat, ce gris, cette absence de vibration… Je ne me sens pas transportée par leur histoire. Alors, de façon classique, on va dire que « ça manque de passion ». Mais ce n’est pas juste une histoire de passion, c’est que ça manque de magie, de wouah, d’incroyable. Les gens ne veulent pas vivre du gris, ils veulent vivre de l’extraordinaire. Or, souvent, nous sommes déconnectés de soi et nous ne nous autorisons pas à ressentir cette magie, parce que c’est relégué aux enfants et aux gens « bizarres ». 

Peut-être qu’il n’y a pas (assez) de paillettes, de couleurs, de vibrations dans ta vie, parce que tu es partiellement déconnectée de toi-même. Tu ne t’autorises pas à le vivre, et encore moins à reconnaître que c’est ce que tu recherches. Et… tu ne sais plus comment faire. Les adultes de notre société ne savent plus comment créer cette magie dont ils ressentent le besoin. Les personnes que j’accompagne me le disent souvent, qu’en effet c’est gris… mais qu’elles ne savent pas comment faire autrement. « Comment tu veux que je fasse Lucie ? Je ne suis plus une gamine ! »

Peut-être que, comme d’autres personnes que j’ai accompagnées, tu as cherché des idées, des pistes sur Pinterest, sur Instagram, sur Internet, auprès d’autres personnes qui t’inspiraient. Il y a en a, des gens comme ça ! Regarde autour de toi, regarde sur Instagram, tu en verras des gens qui t’expliquent qu’ils ont de la magie au quotidien, qu’ils ont des paillettes dans les yeux, qu’ils ont une vie incroyable, etc. Si tu as croisé quelqu’un qui vit ainsi, tu as peut-être essayé de t’en inspirer. Tu t’es dit « wouah ! » et tu as essayé de faire un peu les mêmes choses qu’eux, pour ressentir ce qu’ils ressentent. Sauf que… ce qu’ils font, eux, c’est ce qui leur convient, à eux. Si bien que souvent, tu as testé des astuces, piquées à droite et à gauche, mais les effets furent éphémères, parce que ce que tu as mis en place n’était pas enraciné en toi. Ce n’était pas enraciné en toi, parce que ça ne partait pas de toi. 

Je vois souvent cela, avec ces couples qui viennent me voir en me disant : « Nous sommes à bout Lucie, nous avons essayé plein de trucs ! Nous avons lu des bouquins, nous avons testé plein d’astuces, mais ça ne fonctionne pas… Ou alors ça tient 3 semaines. Pour nous, ça ne marche pas. » Ces couples sont en proie à un sentiment d’échec. Ces personnes, peut-être comme toi, se retrouvent à penser que, en somme, « la magie, ce n’est pas pour nous, ce n’est pas pour moi », que le couple extraordinaire, plein de paillettes, ce n’est pas pour eux. Alors que, ce n’est pas que ton couple n’est pas fait pour la magie, mais que tu ne cherches pas à la faire partir de toi. Tu essaies de trouver à l’extérieur des choses qui te feront vibrer, alors que pour que ça te fasse vibrer toi, il faut que ça parte de toi. Ton problème, comme beaucoup de gens, est peut-être que tu ne te reconnais pas cette capacité. À mon sens, si tu souhaites mettre de la magie dans ton couple, une des premières choses à faire, c’est de t’autoriser à reconnaître que c’est ça que tu veux. Autorise-toi à dire que tu veux un couple avec de l’intensité, avec des fous rires, avec des vibrations émotionnelles fortes. Tu veux de la magie, tu veux de l’émerveillement ? N’ai pas peur de le dire !   

3. L’attente du prince charmant engendre une dépendance à l’autre

Le troisième point qui peut t’empêcher de mettre de la magie dans ton couple, c’est l’attente du prince charmant. Aujourd’hui, on ne parle plus vraiment de « prince charmant », non non. Mais quand même, beaucoup de personnes attendent que l’extérieur leur apporte de la magie. Nous sommes tellement déconnectés de nous-mêmes que nous n’imaginons même pas qu’elle puisse venir de l’intérieur. À mon sens, comme je l’ai dit, cela vient en grande partie de la société. C’est acquis, par la société, que le bonheur et la magie viennent des autres. Elle est très répandue, cette croyance populaire qui veut que ce sont les autres qui vont te permettre de te sentir bien ou pas bien. Ça marche pour toutes les émotions : que ce soit la tristesse ou la joie, tu as peut-être, toi aussi, cette idée qu’il n’y a que les actions des autres qui peuvent venir générer des sentiments chez toi. Tu penses que tu ne ressens de la tristesse ou de la joie que par répercussions des actions et réactions des autres. Je le vois très bien avec les couples et les femmes que j’accompagne, lorsqu’on me confie des phrases qui signifient : 

  • « Je suis joyeuse parce qu’il pense à moi. » 
  • « Je suis joyeuse parce qu’il m’a dit qu’il m’aime. »
  • « Il m’a envoyé un message, alors je me sens aimée. »

Là, les actions de l’autre viennent imprégner ce que tu vis. À l’inverse, j’entends aussi parfois : « Il n’a pas fait ce que je veux, il ne correspond pas à mes attentes, donc je ne me sens pas bien. » Ce sont donc les autres qui sont complètement à l’origine de tes ressentis, parce que tu es déconnectée de toi-même. 

Beaucoup de couples que j’accompagne sont dans de ce type de relations de dépendance. Ils sont en réactions à l’autre : « il n’est pas comme ci, il n’est pas comme ça ». Les actions de l’autre impactent comment tu te sens. Au lieu de chercher comment toi tu te sens heureuse, tu n’es que réactions par rapport à ce conjoint qui ne correspond pas à ce que tu veux.  Cela crée une relation de dépendance à l’autre, puisqu’alors tu es dépendante de l’autre pour te sentir bien. Je retrouve beaucoup ce fonctionnement dans les couples qui viennent jusqu’à moi pour des problèmes de communication, qui peuvent être dans les deux sens : 

  • « Je n’arrive pas à exprimer ce que je suis à l’intérieur. »
  • « Je n’arrive pas à entendre l’autre. » 

Le deuxième conseil que je te donne, c’est donc de rechercher le bonheur en partant de toi, et non en partant des autres ! Voyons cela plus en détails. 

4. Le meilleur moyen de trouver le bonheur est de le chercher en toi

Tu as donc compris que si tu as la sensation que ta vie est grise et que tu ressens le besoin d’y distiller de la magie, c’est que tu as perdu ton lien avec toi-même, et ça, ça me parle, parce que c’est précisément l’objet de mon travail. Les personnes qui ont des problèmes de couple, ce ne sont pas personnes qui ont des problèmes de couple : ce sont des personnes qui cherchent à être heureuse, ce sont des personnes qui veulent aller mieux. Les métiers d’accompagnement sont des portes d’entrée vers ce chemin du bonheur. Le couple, c’est une autre porte d’entrée. Je caricature un peu, ça fait un peu cucu-mignon comme discours, mais c’est ça la vérité. Pour ces personnes qui cherchent le bonheur, le couple peut être une porte d’entrée vers le travail qui les y mènera. Si tu cherches à prendre soin de ton couple, par exemple en « ravivant la flamme » parce que tu sens ta relation amoureuse comme un peu grise, tu rechercheras à te faire accompagner pour te sentir plus heureuse, en couple, mais aussi de manière générale. 

Une autre porte d’entrée peut être la relation avec les enfants. Il y a des familles qui explosent à cause des relations parents-enfants. Ces parents désemparés ressentent alors le besoin d’un accompagnement pour travailler leur relation avec leurs enfants. D’autres vont se faire accompagner dans leur sphère professionnelle, parce que rien ne va plus au boulot. À travers ces accompagnements, ces personnes travaillent sur elles-mêmes, sur leurs besoins, et, in fine, elles cherchent à apprendre comment se rendre heureuse.  

En tant que thérapeute de couple, je fais le même travail avec les personnes que j’accompagne. Bien sûr, si tu me contactes, nous allons parler de couple. Mais nous parlerons aussi de toi, parce que, selon moi, ta demande est une manifestation comme une autre de ta recherche du bonheur. Ce bonheur, je l’englobe aussi dans la magie, parce que pour être heureuse, tu as besoin de sortir du gris et de trouver ces sensations et ses couleurs qui te manquent. 

Bien entendu, le travail à effectuer n’est pas le même pour tous. Certains couples, certaines personnes sont dans le gris foncé. Pour elles, ce n’est pas seulement que c’est plat, c’est que c’est vraiment compliqué. D’autres ne sont pas dans un gris foncé-noir, mais plutôt dans un état d’esprit « pas terrible, un peu mou du genoux ». Elles ont juste envie d’expériences plus hautes, de mettre plus de couleurs dans leur couple. À titre personnel, je trouve ça très beau, de choisir ainsi de prendre soin du lien à l’autre. C’est cela un couple, c’est la connexion avec l’autre, c’est ce que deux personnes créent ensemble. J’aime bien cette phrase, que l’on entend parfois, qui dit que : « Un couple, ce n’est pas 1 + 1 = 2, mais 1 + 1 = 3 ». Car, certes, dans un couple il y a les deux partenaires qui le composent, mais il y a aussi ce qu’elles créent ensemble. Je trouve ça beau, de dire : « Ma recherche du bonheur, j’ai envie de la faire avec toi et de la faire à travers ce qu’on a créé. » 

Une grande partie de mon travail, c’est cela : permettent aux couples ou aux femmes seules, de venir puiser à l’intérieur d’eux-mêmes pour comprendre où ils en sont par rapport à leur lien avec eux-mêmes et de leur recherche de leur propre bonheur. 

Si tu viens vers moi pour ton couple, ou vers les métiers d’accompagnement en général, c’est que tu as envie de te libérer de ce qui entrave ton accès à ce bonheur que tu as envie de vivre. Tu as envie de plus que ce que tu vis en ce moment. Ce plus, c’est ce que j’appelle « la magie ». Il faut s’autoriser à le dire : tu veux mettre de la magie dans ton couple, tu veux mettre de la magie dans ta vie ! Tu en as bien le droit, parce que tu es un être humain. Comme les enfants, tu as le droit du même niveau de vibrations émotionnelles dans ta vie. Tu as envie que ton cœur palpite, tu as envie de te laisser transporter, tu as envie de te dire « waouh » au quotidien. Ta vie n’est pas que contraintes et routines et c’est normal. Voilà mon message du jour ! J’avais envie de libérer cette envie de magie dans le couple. Si tu te sens un peu perdue et que tu ne sais pas comment faire, parce que c’est compliqué, tu peux me contacter sur mon site ou sur Instagram. Si cet article te parle, si ça résonne chez toi, cette idée de magie, de mettre plus de couleurs dans ta relation de couple : je serais très curieuse d’avoir ton retour ! 

Surmonter une rupture amoureuse | 3 phases indispensables

Dans cet article, j’ai envie de revenir, encore une fois, sur le sujet de la séparation. En tant que thérapeute de couple, je peux être là pour t’aider à prendre soin de ton couple… mais aussi pour t’aider à surmonter une rupture amoureuse. Aujourd’hui, j’ai spécifiquement envie de te parler du « juste après » la séparation. Tu viens juste de te faire quitter, ou tu viens juste de quitter quelqu’un et c’est encore tout frais ? Je te dédie cet article ! J’ai envie de t’apporter du soutien, en t’expliquant les 3 phases indispensables à traverser si tu te demandes comment se remettre d’une rupture amoureuse.

Le choc, première phase du deuil

En préambule, j’ai envie de rappeler que la séparation est un événement vécu comme un tsunami par beaucoup de personnes. Je ne mets pas de « hiérarchie » dans la difficulté que peut représenter le fait de surmonter une rupture amoureuse. Que tu aies quitté quelqu’un, ou que tu te sois fait quitter par quelqu’un : c’est dur dans les deux cas. Je n’approuve pas les affirmations du type « c’est pire quand ceci ». Je pense que ça dépend vraiment de chacun, que ça dépend vraiment des situations. Je ne crois pas que ce soit « pire » dans un sens ou dans l’autre. Ça peut être une terrible souffrance dans les deux situations, je m’adresse donc à tous les cas de figure possible. 

Pour commencer, j’ai envie d’explorer avec toi les phases du deuil. Évidemment, tout n’est pas applicable tel quel à la thématique de la séparation amoureuse, mais je trouve qu’il y a beaucoup de ressemblances. Cette analogie avec le deuil me semble donc intéressante ! La première étape après l’événement, c’est le choc. Ce que je constate clairement au travers des messages que vous pouvez m’envoyer, parfois quelques heures ou quelques jours après la séparation, c’est qu’il s’agit bien d’un choc. En tant que thérapeute de couple, je constate très souvent cet état hébété, illustré de « J’ai pas compris… » et autres « C’est du rêve ou de la réalité ? ». Je vois beaucoup d’incompréhension dans ce que vous me confiez, allant parfois jusqu’à : 

  • « Mais il y a deux jours, il me disait qu’il m’aimait. »
  • « Mais on avait prévu de faire un enfant. »
  • « Mais on vient d’acheter une maison. » 

Cette incompréhension est pleine de questionnements agressifs : « D’où ça vient ? Comment ai-je pu ne rien voir venir ? » Puis, une fois ce choc passé, vient le terrassement : tu n’as rien vu venir et d’un coup, ça te met à terre. Du jour au lendemain, en quelques heures, en quelques secondes, tu te retrouves à terre, sans pouvoir ni savoir comment faire pour te relever. Si tu te reconnais dans ces lignes, j’ai envie de te dire que c’est OK, c’est normal. J’en profite pour rappeler que la durée de la relation n’a rien à voir là-dedans. Que ça fasse 2 mois ou 20 ans, tu peux ressentir énormément de souffrance, ou très peu, ou juste un peu, et c’est normal. 

Cette étape-là est complètement normale. Je dirais même que, dans la mesure du possible, il faut ne pas la réfréner. Souvent, on essaie de tasser, de se retenir, par peur de trop souffrir, mais aussi pour éviter les jugements. Je pense que cette réaction de souffrance est beaucoup plus fréquente qu’on ne le pense, mais que pas assez de gens se laissent le droit de la vivre. Comme j’en vois, des personnes qui viennent de « se faire larguer » dans la journée et qui me demandent tout de suite « C’est quoi la prochaine étape ? Comment je me sors de ça ? Comment on fait pour surmonter une rupture amoureuse ? Allez je me remets en selle, c’est quoi le next step ? »… Hé, hé, attends. Prends le temps de te demander si tu n’es pas en train de relever un peu trop vite. Tu viens de tomber, alors prend le temps dont tu as besoin. Essayer de te relever et de te relancer quelque part alors que tu es encore sonnée et que tu ne sais pas très bien vers quoi tu te diriges, c’est prendre le risque de retomber de plus belle. 

Ensuite, une fois cette période de choc et de terrassement passée, tout un flot émotionnel peut se déverser : déni, tristesse, colère, etc. Je rajoute également la peur. Tu peux être un peu dépressive, traverser de grandes phases de tristesse, des périodes où, vraiment, tout devient noir et compliqué, où tu te sens perdue. Je le constate souvent au travers de vos témoignages et c’est souvent la réaction à laquelle on s’attend. Mais je vois aussi beaucoup de peur. Dans mes accompagnements et mes échanges sur Instagram, j’entends beaucoup, beaucoup de peur : 

  • « Qu’est-ce que je vais faire ? »
  • « Est-ce que je vais être capable de… ? »

Vous me confiez beaucoup de remises en question sur le passé. La suite est effrayante, parce qu’elle vous est inconnue. Parfois, aussi, la suite est effrayante parce qu’elle semble insurmontable. Certaines relations sont destructrices. Elles abîment l’amour que vous avez pour vous, elles abîment votre estime de vous-même et votre confiance en vous. Combien vois-je de femmes qui se sentent incapables de quoi que ce soit, qui ont vraiment l’impression que l’autre gérait tout ? Elles se sentent incapables, elles éprouvent tellement de peines, de douleurs et de souffrances… Ça prend tellement de place dans leur esprit que plus rien n’est possible. Si tel est ton cas : laisse-toi vivre cela. Laisse-toi vivre ça, car c’est tout à fait normal. Ne brûle pas les étapes, sinon elles te reviendront, tel un boomerang. À vouloir avancer trop vite, à vouloir mettre en place trop de choses trop vite, tu risques de t’écrouler de nouveau. Combien de femmes ai-je vu avancer, avancer, avancer… jusqu’à, à un moment, lâcher, décrocher brutalement ? Elles réalisent alors qu’elles ne se sont pas laissé le temps de vivre leur détresse, leur souffrance, leur peur. 

La résignation après une séparation

Ensuite, dans un deuil comme pour surmonter une rupture amoureuse, il y a deux étapes-clé sur lesquelles j’ai envie d’insister : la résignation pour commencer, puis l’acceptation. La différence est subtile mais importance : se résigner, ce n’est pas accepter. La résignation, c’est lorsque tu te soumets : « Je ne suis pas d’accord, moi je pense que c’est la plus belle des conneries, moi je pense que c’est injuste, je ne suis pas d’accord avec ce qui m’arrive, mais c’est ainsi et je me résigne. » C’est une posture de soumission, pendant laquelle on se sent victime de ce qui arrive. Ça, c’est la résignation et c’est une phase qui apporte beaucoup de souffrances. Quand on sort de la résignation, on passe dans l’acceptation. On quitte alors la soumission. On dépasse les « j’espère que ça va changer, je le subis mais normalement ça ne devrait pas être ainsi ». On laisse de côté également les attentes telles que : « j’ai espoir qu’il change d’avis, j’ai l’espoir qu’il revienne, j’ai l’espoir de le reconquérir », etc. 

Pendant la résignation, certaines femmes continuent d’y croire. Elles sont persuadées que « ce serait tellement mieux si on revenait, l’un et l’autre, ensemble » et peuvent se dire, par exemple : « J’accepte ce qui est, j’accepte d’attendre qu’il réfléchisse. J’accepte, parce qu’il en a besoin. Je travaille sur moi, pour pouvoir changer et mieux lui correspondre. » Ça, c’est de la résignation. Ça apporte beaucoup de souffrances et beaucoup d’espoirs déçus. Ça apporte aussi beaucoup de pression sur soi-même… et sur l’autre. Cette posture d’attente, ce « Je t’attends », c’est aussi une pression sur l’autre. Cette volonté de se contorsionner dans tous les sens pour, enfin, réussir à lui correspondre et le faire revenir, c’est beaucoup de pression sur toi-même et sur l’autre. 

L’acceptation pour surmonter une rupture amoureuse

Quand on passe dans l’acceptation, on accepte les choses telles qu’elles sont. Quand tu es dans l’acceptation, tu n’es plus dans une recherche de changement. Tu n’es plus non plus dans l’attente qu’il revienne dans ta vie. Tu passes à autre chose, tu acceptes la séparation et tu te concentres sur toi et sur ce que tu as à vivre d’autre. Tu peux alors dire que tu as réussi à surmonter ta rupture amoureuse. Peut-être qu’un jour il reviendra dans ta vie, mais tu ne l’attends plus. Ce n’est plus du tout la même étape que la résignation. Lorsque tu es dans cette étape-là, alors tu peux sereinement accueillir une nouvelle relation dans ta vie, alors tu peux sereinement prendre soin de toi et passer à autre chose.

Bonus : le cœur aussi a ses phases…

Vous présenter ces différentes étapes du deuil me semblait vraiment important, car de nombreuses personnes les traversent plus ou moins consciemment quand elles viennent juste de se séparer. Mais il y a encore quelque chose que je souhaite partager avec toi. J’ai envie de faire un aparté sur ce moment où tu te dis : « J’ai l’impression que c’est OK, je me sens dans l’acceptation, mais je souffre encore. J’ai l’impression que ça y est, je n’attends plus rien de lui, j’aimerais pouvoir passer à autre chose. J’aimerais pouvoir me libérer complètement. Non, je n’attends plus rien, et pourtant j’ai encore mal, je souffre encore ». Là encore, je te rassure : c’est normal, c’est OK de vivre cela. Quelles que soient les étapes que tu as franchies, bien souvent tu l’as fait avec ton mental, avec ta tête. C’est avec ta tête que tu es passée à autre chose. Ton cœur suit, mais il suit peut-être un peu plus lentement. Peut-être que ta tête est OK, que ton mental est prêt, mais que ton cœur souffre encore et c’est tout à fait normal ! Laisse-toi le temps, ne te focalise pas là-dessus. Laisse-toi traverser par cela. Le fait de penser à l’autre, le fait qu’il te manque, le fait que tu aies encore du désir, que sexuellement tu sois encore attirée par l’autre, que tu sois encore traversée par des doutes, par des « et si… », etc. : c’est OK. Il en est de même pour tous ces moments-clés, ces moments « anniversaire » auxquels tu penses : 

  • « On est en juillet, nous aurions dû partir en vacances » ; 
  • « C’est la rentrée, je me demande comment ça se passe pour lui » ; 
  • « C’est dimanche, donc il est avec sa famille, j’aurais aimé y aller car je sais que ce sont des moments agréables, mais je suis toute seule comme une malheureuse »… 

Tout ça, c’est OK. Les doutes, le fait de penser encore à la relation et à ses bons moments, c’est tout à fait normal. Je t’invite à te laisser traverser par cela. Ne te focalise pas dessus, pour éviter les questions. « Est-ce que ça veut dire que je l’aime encore ? Est-ce que j’ai bien fait mon deuil ? Est-ce que ça veut dire que j’y crois encore ? » Non, arrête de te triturer le cerveau. C’est quelqu’un qui a fait partie de ta vie, c’est quelqu’un à qui tu as donné une partie de ton cœur. Ton cœur est encore un peu là-bas et c’est normal que ça pulse. Si tu te laisses traverser, tu verras, au début ce sera très fort, ce sera très intense, et plus le temps passera, plus ce sera léger. Peut-être que tu n’y crois pas encore, mais à la fin, ces moments où ça va te traverser, ce seront des moments agréables. À la fin, quand tu vas imaginer ce qu’aurait été ta vie avec ton ex, quand tu vas repenser à vos bons moments, quand tu vas, par exemple, tu vas te demander « ah tiens, c’est la rentée, comment ça se passe pour lui ? » : tu le feras le sourire aux lèvres. Si cette personne a compté pour toi, elle sera là toute ta vie, tu ne feras pas de croix dessus. Elle est partie avec une partie de ton cœur et c’est normal. 

Je le répète encore une fois : pour surmonter une rupture amoureuse, laisse-toi traverser par tes émotions ! Tu verras qu’avec le temps, ce sera de plus en plus léger, jusqu’à être agréable. Tel était mon message du jour. Si tu as envie que je continue à parler du sujet de la séparation, ou si au contraire tu as envie que j’aborde d’autres thématiques : je serais ravie que tu me fasses part de tes souhaits, que ce soit sur Instagram ou en commentaire. Quoiqu’il en soit, si tu es en train de traverser une rupture amoureuse ou tout autre épreuve : je t’envoie toutes mes ondes positives. Prends soin de toi ! 

Couple à distance, comment gérer ? Mes 4 conseils

Dans cet article, on va parler des relations à distance, car, en tant que thérapeute de couple, je trouve que c’est une thématique intéressante. Je pense qu’elle concerne du monde, et même encore plus de monde qu’avant, en cette période de crise sanitaire. Des amoureux n’habitant pas ensemble mais qui n’avaient pas l’impression d’être un couple à distance parce qu’ils se voyaient très régulièrement, se sentent peut-être concernés aujourd’hui. Je pense que cette thématique touche à la fois des couples qui fonctionnent ainsi, mais aussi des partenaires qui se voient plusieurs fois par semaine mais n’habitent pas (encore) ensemble, peut-être simplement dans la même ville, et dont la relation amoureuse se retrouve impactée par les couvre-feu et confinements. Couple à distance, comment gérer ? Quelles que soient les raisons qui t’ont amenée à te poser cette question, tu es au bon endroit : je te propose 4 conseils pour prendre soin de ton couple dans cette situation particulière. 

1. Prendre conscience que ce n’est ni anormal ni un obstacle vers un engagement réel 

J’ai envie de commencer par une parole rassurante. Il y a quelques années, quelques décennies, être un couple à distance, c’était quelque chose d’hors-norme, de très rare, de très occasionnel, de presque bizarre, de presque « pas normal ». Mais aujourd’hui, nous entrons dans une autre ère, une autre dynamique. Ces relations sont de plus en plus assumées. Les injonctions sociales qui veulent que « un couple, c’est composé de deux personnes qui vivent ensemble » me semblent dépassées. Je trouve que de plus en plus de couples osent, affirment et se trouvent très heureux de fonctionner autrement. Du coup, j’ai envie de te rassurer si tu rencontres un partenaire qui a cette envie-là, mais que tu ressens des doutes et des appréhensions : ce n’est pas forcément négatif. L’idée qu’habiter ensemble est une forme d’engagement est une vision que l’on croise souvent. La conséquence, c’est le fait de présupposer que si l’autre n’a pas envie de vivre avec toi, c’est qu’il n’a pas envie de s’engager. Ce n’est pas forcément le cas ! Je pense que ces deux notions ne sont pas corrélées et je suis contente que l’on commence à déconstruire cette idée. Il y a des couples qui ne vivent pas ensemble mais qui, pour autant, n’ont aucun problème d’engagement. À l’inverse, il y a aussi des partenaires qui vivent sous le même toit et pour lesquels, pourtant, l’engagement n’est pas réellement là… 

Couple à distance, comment gérer ? Voilà le premier de mes conseils : 

  • Comprendre que ce n’est pas anormal, et que c’est même de plus en plus répandu. 
  • Garder en tête que non, habiter ensemble et être engagé dans sa relation, ce n’est pas forcément corrélé. 

Néanmoins, les couples à distance ont des spécificités et rencontrent des difficultés propres, sur lesquelles j’ai envie que nous échangions. Poursuivons donc avec mon second conseil pour prendre soin de ton couple à distance.    

2. Adopter une communication appropriée

Tu le sais sans doute déjà : la communication, c’est un basique dans le couple. Les couples à distance, et plus généralement tous les couples qui ne vivent pas sous le même toit, peuvent avoir une communication différente, parce qu’ils n’ont pas accès à toutes les opportunités de communication des amoureux qui habitent ensemble.  

Pour rappel, quels sont les différents canaux de communication en amour ? 

Communiquer avec l’autre, ça passe par de multiples canaux ! Se parler, c’est un canal, un parmi pleins d’autres. Se voir en est un autre, qui passe par toutes ces « petites choses » que l’on perçoit de l’autre. Tu sais, il s’agit par exemple de ces soirs où, comme dans beaucoup de couples, quand ton partenaire rentre du travail, tu vois tout de suite qu’il est énervé, heureux, déçu ou que la journée fut compliquée. Bref, tu « lis » sur l’autre, sur sa posture, sur ses mouvements. Ça aussi, c’est une forme de communication. Il y a encore d’autres canaux, comme l’écrit par exemple. Il y a tout un tas de possibilités d’être en relation et de communiquer avec l’autre. 

Quand on est à distance et qu’il n’y a pas le visuel au quotidien : c’est différent. Dans cette notion de visuel, j’inclus ce qu’elle a de temporel : ce que l’on voit d’une personne, de 19 h quand elle rentre du travail, jusqu’au coucher, tous les jours de toute la semaine, est différent de ce que l’on voit en une semaine complète, une fois tous les 6 mois. Ainsi, forcément, la relation que l’on construit avec l’autre, la définition, le fonctionnement et les bases du couple ne sont pas les mêmes. Du coup, à mon sens, il est intéressant, pour un couple à distance, de mettre dès le début le focus sur la question de la communication : « OK, nous elle est comment, notre communication de couple ? » 

Quelles règles pour votre communication de couple à vous ? 

Pour répondre à cette question, je te conseille de réellement te pencher sur le sujet avec ton partenaire. « Quelles sont nos règles à nous ? Que voulons-nous mettre en place ? Quel fonctionnement souhaite-t-on adopter ? » C’est un réel travail, y compris un réel travail personnel, car cela passe par des questions telles que : « Qu’est-ce qui est important pour moi ? » L’idée, pour un couple à distance notamment, c’est de vraiment se demander « que pouvons-nous mettre en place pour rester en lien ? » Un couple, c’est l’amour, mais aussi le lien, la connexion entre les deux partenaires. Des amoureux qui vivent à distance doivent donc se demander comme créer et entretenir de la connexion entre eux, sans avoir régulièrement de présence physique, en continue pendant plusieurs heures. 

Cela peut, par exemple, passer par l’écrit. Certains couples fonctionnent ainsi et s’envoient beaucoup de messages ou de lettres. D’autres couples fonctionnent plus avec le verbal, en s’appelant au quotidien afin de beaucoup se parler et de mettre en mots leurs émotions. Ainsi, ce que d’autres décèlent par le visuel quand le partenaire rentre du travail, un couple à distance pourra le mettre en mots. Vous verrez – ou vous l’expérimentez déjà – vous développerez de nouvelles compétences. Je me souviens d’un couple qui, même sans se voir, décelaient des signes dans la tonalité de l’autre, dans la manière dont il parlait. Même sans se voir, simplement en étant au téléphone, on peut déceler des choses, même si c’est souvent déstabilisant parce qu’on est généralement plus à l’aise, plus affûté, plus sûr de nous, avec ce que l’on voit. 

Prenons un exemple et imaginons que tu « sentes » qu’il n’est pas content. Il ne te le dit pas, mais tu sens qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Tu vas accorder du crédit à cela parce que tu le « vois ». Alors qu’au téléphone, ou par mail, tu vas être moins à l’aise avec cette impression. J’ai déjà eu des échanges avec des femmes qui avaient l’impression qu’il se passait « quelque chose », mais qui avait du mal à mettre le doigt dessus. On fait naturellement plus confiance à ce que l’on perçoit visuellement qu’à ce que l’on perçoit au téléphone par exemple. À mon sens, il s’agit là de compétences à acquérir. Je pense qu’il faut faire confiance à ton ressenti : si tu as l’impression qu’il se passe quelque chose, même si ce ressenti fait suite à un échange « seulement » écrit ou oral, alors exprime-le, verbalise-le. Quelle que soit l’origine de ton ressenti : ce qui important, c’est de passer du ressenti à la verbalisation. Je le conseille aussi lorsqu’on habite ensemble, bien sûr ! Mais lorsqu’on habite ensemble, la fenêtre des possibilités est plus grande. Si, quand ton conjoint rentre à 19 h tu as l’impression que ça ne va, tu n’oseras peut-être pas échanger là-dessus tout de suite, mais ton impression sera là. À 23 h, ton conjoint sera toujours là, et si, de 19 h à 23 h, ton impression était présente en continue, il est probable que tu t’autorises à en parler. Alors que si vous vous êtes parlés au téléphone, que tu as eu l’impression que ça n’allait pas, puis qu’à 19 h vous avez raccroché, alors de 19 h à 23 h, tu n’auras plus rien pour venir confirmer ou infirmer ton ressenti. Tu n’auras pas de marge de manœuvre pour entrer en relation avec l’autre sur ce sujet. Ça, ça peut être déstabilisant. C’est pour cela que, pour des couples à distance, qui n’ont pas la possibilité d’être régulièrement en contact avec l’autre pendant plusieurs heures, c’est d’autant plus important d’apporter du verbal, ou de l’écrit, sur son ressenti. 

Quelle communication à distance pour la gestion des disputes de couple ? 

Et oui, quand on traite de canaux de communication, il ne faut pas oublier pas la gestion des conflits ! Pour désamorcer un désaccord, des couples qui habitent ensemble peuvent utiliser le tactile ou se concentrer, chacun de leur côté sur une autre activité, par exemple. Les couples à distance n’ont pas ces possibilités-là. Ils devront souvent utiliser le verbal ou l’écrit. C’est pour cela aussi que c’est important à mon sens de valoriser, en amont, les canaux de communication que vous souhaitez utiliser et de fixer des règles. Essayez de répondre concrètement, avant l’apparition des problèmes, à des questions telles que : 

  • Qu’est-ce que je fais si je sens que tu n’es pas bien ? 
  • Qu’est-ce que je fais si j’ai besoin de réponses ? 
  • Qu’est-ce qu’on fait si on est en désaccord ? 

Plus tu seras au clair avec ces questions, plus tu auras pris l’habitude de communiquer selon le fonctionnement que vous aurez choisi ensemble, et plus les conflits pourront être désamorcés rapidement et facilement malgré la distance. 

3. Réaliser des activités en amoureux pour prendre soin de son couple, même à distance

Couple à distance, comment gérer ? Le troisième conseil que j’ai envie de te donner à ce sujet, c’est de ne pas laisser cette distance vous empêcher de partager des moments à deux. 

Des activités de la vie quotidienne

J’ai croisé un couple qui ne se réunissait que certains week-ends. Ils ne se voyaient pas la semaine, car ils n’habitaient pas dans la même ville. Ce qu’ils avaient mis en place, pour prendre soin de leur couple et de la connexion entre eux deux, c’était, tous les soirs ou presque, d’allumer la webcam et de cuisiner ensemble. D’ailleurs, si cela était possible, il cuisinait le même repas, en suivant la même recette. Ensuite, bien évidemment, ils mangeaient ensemble. Au début, ils trouvaient cela un peu bizarre, de se retrouver tous les deux, devant leur assiette, à se regarder en train de manger à travers l’écran… Petit à petit, la gêne est passée. C’est devenu OK, c’est devenu normal. C’était leur rendez-vous : ils cuisinaient ensemble, chacun dans leur appartement, en discutant, en se racontant leur journée, en rigolant. Au bout d’un moment, ils oubliaient la distance et la webcam et avaient presque l’impression que l’autre était là. 

Je pense que la clé est là, pour garder du lien en vivant à distance : créer des moments de partage. Ils avaient également pris l’habitude de s’endormir ensemble. Ils se disaient bonne nuit et s’endormaient avec le téléphone allumé. Ce sont des moments comme cela, que je trouve très intéressant de partager pour des couples à distance. Pouvoir se dire « Je fais quelque chose en même temps que toi, avec toi. Je reste connecté avec toi, la distance nous sépare mais je suis là, je m’endors et tu vis la même chose que moi ». Je trouve ça très puissant, tout comme le fait de cuisiner ensemble. Encore une fois : cela permet de se connecter. C’est la clé d’un couple, que vous soyez à distance ou pas. Il faut que ça connecte ! À distance, il faut peut-être mettre encore plus de conscience dans vos moments de connexion. Des partenaires qui vivent ensemble vont sans doute partager certains moments de façon plus spontanée, plus naturelle. Un couple à distance au contraire, devra y mettre plus de création, plus de pensées, plus de conscience. 

Des activités occasionnelles si vous avez besoin d’indépendance 

Pour terminer sur ce troisième conseil, je vais faire un aparté sur les couples qui ont choisi de ne pas vivre ensemble, qui ont choisi d’être à distance, qui ont choisi d’être plus autonome. Je vous parlais de ce couple qui avait mis en place des moments pour se connecter en cuisinant, comme pour compenser le fait de ne pas être tout le temps ensemble. Cependant, il y aussi des couples dont le modèle, c’est justement d’être moins connecté, dont les partenaires ont un grand besoin d’indépendance. Ces couples, par conséquent, ne sont pas dans cette recherche de « Mince, qu’est-ce qu’on peut faire pour se connecter ? » Si c’est ton cas, que tu m’écoutes et que tu n’es pas emballée par l’idée de passer toutes tes soirées à cuisiner avec l’autre, ou que ça te semble oppressant de t’endormir au téléphone : c’est complètement OK. Votre couple à distance n’est pas forcément moins bien, plus difficile ou « raté » si vous n’avez pas ces démarches-là. Ton couple est peut-être naturellement plus libre, vous êtes peut-être naturellement plus indépendants. Tu as peut-être envie d’être en relation avec l’autre à ta guise et moins intensément que dans un couple qui vit sous le même toit. Si vous avez fait le choix de ne pas vivre ensemble, justement parce que vous recherchez cette intensité moindre : c’est complètement OK ! Dans ce cas, vous pouvez tout aussi bien décider de réaliser des activités tous les deux de façon occasionnelle, quand l’un ou l’autre en ressent le besoin. Réaliser des activités en amoureux pour prendre soin de son couple, ce n’est pas nécessairement quotidien !

4. Valoriser son couple différent

Le dernier conseil que j’ai envie de te donner, c’est d’avoir une autre vision que celle qui se concentre seulement sur le fait que « c’est compliqué ». « Comment on peut faire ? », « C’est compliqué pour nous », « Nous n’avons pas de chance… » : que ce soit pour les couples à distance ou pour les partenaires qui n’habitent pas loin l’un de l’autre mais sont empêchés durant cette période de confinement (ou pour une autre raison), cette vision des choses pessimiste n’est pas bénéfique.  

J’aime bien rappeler que, lorsque tu es coincée dans une situation qui ne te convient pas, il me semble plus intéressant de chercher à valoriser ce que tu vis, plutôt que de t’en plaindre. Si tu restes dans un état d’esprit pleins de : « ça ne me convient pas », « ça ne me correspond pas », « je veux autre chose », etc., alors que tu ne peux pas changer la situation, tu es dans une impasse : tu t’en plains, car tu ne peux pas changer, donc tu t’en plains, alors que tu ne peux pas changer… Tu te retrouves tel un hamster tournant dans sa route et au final, il ne se passe pas grand-chose. Ça me semble donc intéressant de te dire plutôt : « OK, je ne peux pas modifier la situation… Et si je créais autre chose que de la plainte ? Et si je valorisais la situation ? » Être un couple à distance, oui c’est différent, oui c’est une spécificité. Non, ce n’est pas ce que tu souhaitais, mais quel est le positif là-dedans ? Qu’est-ce tu pourrais avoir envie de valoriser ? Qu’est-ce que vous avez réussi, tous les deux, à créer, à mettre en place, qui fait que votre couple est beau et fort bien que différent ? Par exemple, l’histoire de ce couple qui cuisinait ensemble, je la trouve hyper sympa ! Moi, j’habite avec mon partenaire et c’est très rare que nous cuisinions ensemble. Cette expérience de vie qu’ils ont réussi à mettre en place, de cuisiner et de déguster la même chose alors qu’ils vivent séparément, je trouve ça extraordinaire ! L’intensité émotionnelle qu’ils vivent lors de ces moments, de nombreux couples peuvent leur envier ! Peut-être que certains aspects de cette vie de couple à distance ne te conviennent pas, mais il y en a sans doute aussi qui sont intéressants et qui méritent que tu en sois consciente. « Couple à distance, comment gérer ? » c’est une véritable question à se poser, non pas dans une optique d’éviter d’amener sa relation amoureuse dans le mur, mais pour conscientiser toutes les possibilités de création qu’elle implique. 

En tant que couple à distance, vous avez travaillé cette différence. Vous avez pensé, ajusté votre fonctionnement, pour en faire quelque chose qui vous ressemble. Combien de couples traditionnels vivent ensemble sans se poser les questions auxquelles vous avez dû répondre ? Combien de couples traditionnels vivent ensemble sans même se demander si leur fonctionnement est celui qui leur correspond le mieux ? Vous, en conscientisant votre situation, que celle-ci soit un choix ou non, vous vous ouvrez des portes. Vous façonnez votre relation comme VOUS en avez vraiment envie. Je trouve très intéressant et gratifiant de mettre cela en avant ! Non pas avec des « nous, c’est compliqué », mais avec des « nous, c’est différent, mais nous en avons fait une histoire à notre image ». 

Couple à distance, comment gérer ? | En bref 

En résumé : couple à distance, comment gérer ? Voilà les 4 conseils que j’ai envie de te proposer en réponse : 

  • Relativise, car tu n’es pas la seule dans ce cas et si, en effet, ça peut compliquer les choses, ce n’est pas fatalement synonyme d’échec. 
  • Adapte la communication de ton couple, avec l’aide de ton partenaire, en discutant dès le début des canaux les plus appropriés pour vous et en persévérant même si ça vous semble étrange au début.
  • Faites des activités ensemble ou restez connectés, même à distance, même si ce sont des activités anodines, du quotidien.
  • Valorise cette différence pour en tirer le bénéfique, car il y en a forcément, comme pour toute expérience de vie.  

J’espère que cet article aura fait du bien à tous les couples concernés ! Si tu souhaites que je traite à nouveau cette thématique pour t’aider à prendre soin de ton couple à distance, n’hésite pas à échanger avec moi sur mon site internet ou mon compte Instagram ! De même, si tu as des astuces ou une expérience à partager : je suis toujours heureuse de les découvrir !

Pourquoi je n’arrive pas à le quitter ? | 4 réponses à méditer

Dans cet article, on va discuter de rupture amoureuse, parce que c’est un sujet qui parle à beaucoup de monde et que je trouve hyper intéressant ! C’est une décision difficile, de quitter son partenaire. Lors de mes thérapies de couple, j’entends beaucoup de doutes, que tu ressens peut-être toi aussi. « Alors que je ne me sens pas bien, alors que je ne me sens plus amoureuse, je n’arrive pas à romprePourquoi je n’arrive pas à le quitter ? » Je te propose 4 réponses, qui peuvent correspondre à ta situation, dans cette période entre le moment où tu te rends compte que ça ne va pas dans ton couple, et celui de ta prise de décision ou de ta mise en action. C’est une période souvent longue et compliquée, avec laquelle on a du mal à se dépatouiller, sur laquelle on ne met pas suffisamment de mots. Avec cet article, en tant que thérapeute de couple, j’ai envie de t’apporter de la bienveillance dans ce que tu traverses.

1. Ta rupture amoureuse n’implique pas seulement de quitter l’autre

Pourquoi je n’arrive pas à le quitter ? Pourquoi est-ce si compliqué de partir ? La première réponse que j’ai envie d’apporter, c’est que c’est dur parce qu’il ne s’agit pas « juste » de partir. Il y a aussi une notion de deuil, et j’ai envie qu’on s’en parle, parce que c’est important. Quand tu quittes quelqu’un, c’est aussi à une partie de toi que tu renonces. Tu renonces à celle que tu es, à celle que tu étais avec l’autre. Ce n’est pas évident, de laisser aller cette partie de soi, parce que cette femme que tu étais avec l’autre est unique. Je crois vraiment qu’il y a une partie de nous qui est « nous » de manière intrinsèque, quelles que soient les personnes autour de nous, mais qu’il n’y a pas que ça. Je trouve que nous sommes aussi des personnes différentes, qui reflètent un peu, quelque part, l’environnement dans lequel nous nous trouvons. Les autres, autour de nous, mettent en avant certaines facettes de nous. Dans mes accompagnements, j’entends souvent des femmes qui me disent : « Je ne comprends pas, avec quelqu’un d’autre je suis complètement différente. » J’ai envie de répondre que non, pas forcément. C’est aussi toi, mais la personne en face met en avant, reflète, fait ressortir une autre partie de toi-même. Cela est vrai aussi dans le couple : avec la personne qu’on choisit, il y a cette alchimie particulière qui nous fait nous refléter plutôt comme ça ou plutôt comme ci. Cette partie de toi, cette alchimie-là, celle que tu es au travers de cette relation, c’est aussi son deuil à elle qu’il est important de faire, lors d’une rupture amoureuse. De plus, au fil des mois ou des ans, tu as pu te montrer un peu vulnérable, confier des doutes et des choses un peu compliquées de toi-même. Au final, tu as déposé une partie de toi auprès de cette personne, dans ce couple. C’est aussi une partie de ton histoire et c’est aussi à ça que tu renonces lors d’une séparation. Tant que vous êtes ensemble, ça continue d’être là et d’exister, mais quand tu le quittes, il faut dire au revoir à tout ça. 

Voilà ce que j’avais envie de rappeler pour commencer cet article. La séparation, ce n’est pas seulement faire un trait sur une histoire et passer à autre chose. Il y a des choses qui ne partent pas avec nous, il y a des choses qui s’éteignent avec la relation et ce n’est pas forcément facile de leur dire au revoir. 

2. Tu n’arrives pas à le quitter parce que tu vois ça comme un échec

Une deuxième raison qui fait que ça peut être compliqué de quitter quelqu’un, c’est que c’est vu comme un échec. Il y a une notion très présente de remise en question. Même si je le dis, et je ne suis pas la seule : je ne pense pas que ce soit un échec, que d’avoir une relation qui se termine. Mais il faut en parler, car c’est spontanément à ça qu’on pense. Toutes les femmes que je rencontre me le disent. Au début en tout cas, à la fin elles ont un autre discours, mais au début il s’agit vraiment de ça : « Je n’ai pas réussi quelque chose, je me suis investie, j’ai choisi cet homme, j’ai construit quelque chose avec lui, j’ai cru à notre histoire et je me suis trompée, je n’aurai pas dû, c’est un échec. » Ainsi, le fait d’officialiser la séparation, le fait de prendre une décision, c’est aussi mettre en avant cet échec. Si tu te demandes « Pourquoi je n’arrive pas à quitter l’autre ? », c’est peut-être parce que tu as l’impression qu’une rupture amoureuse est un échec. Dans ce cas, forcément, tu as un peu du mal à admettre cette séparation. Et une fois que tu l’as admise, l’officialiser, le dire à tout le monde, c’est encore une autre histoire. 

Derrière cette peur de l’échec, se cachent souvent beaucoup de doutes également et c’est aussi cela qui demande du temps et qui va faire qu’il s’agit vraiment d’un chemin. J’accompagne régulièrement des femmes qui sont dans le doute pendant des mois et des mois et des mois. Le fait de dire à l’oral, de dire à quelqu’un « j’ai pris ma décision », c’est déjà un peu l’officialiser. Quand toi-même tu es bourrée de doutes et d’incertitudes, alors c’est compliqué d’avoir une position officielle et affirmée. Quand t’es bancale, quand t’es dans les hésitations, c’est encore plus compliqué, de venir te mettre en avant et de mettre en avant ce que tu estimes être un échec. 

C’est aussi ça, qu’il y a parfois derrière les prises de décisions qui prennent du temps. C’est pour ça que je t’invite à travailler sur cette vision de l’échec, qui, soyons honnêtes, ne te mènera à rien, à part te faire culpabiliser, ralentir ta prise de décision, voire, parfois, rester malheureuse plus longtemps. J’entends parfois des femmes me dirent qu’elles sont restées des mois, parfois des années, alors qu’elles savaient que ce n’était plus ce qu’elles voulaient. Elles sont restées dans ce couple qui ne les rendaient plus heureuses, parce que c’était difficile de le dire et de l’officialiser. 

Si tu es déjà fragilisée, déjà fatiguée par ce que tu vis, alors, supporter, en plus, l’idée d’un échec et la remise en question de toi-même qui va de pair, c’est compliqué. « Qu’est-ce que j’ai raté ? Qu’est-ce que j’aurais dû faire autrement ? »… Je comprends que tu ne cours pas après ça et que ça prenne du temps !

3. Tu cherches à prendre LA bonne décision, au lieu de chercher ce que tu veux

Le troisième élément de réponse possible à ce « Pourquoi je n’arrive pas à le quitter ? » dont j’ai envie de te parler, c’est que les gens, et donc peut-être toi aussi, sont souvent à la recherche de LA bonne décision. Quand c’est difficile de prendre une décision, que ce soit une décision de séparation ou non, c’est souvent parce qu’on attend en espérant trouver LA bonne décision. Pourquoi ? Parce qu’on ne sait pas ce qu’on veut. Quand les personnes que j’accompagne me demandent : « Comment je sais que je devrais le quitter ? », je réponds qu’ « il n’y a que toi qui sait. » Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision, il n’y a pas de « il faut » ni de « il ne faut pas ». La vie ne fonctionne pas comme ça et personne ne peut te donner de réponse magique. Ça part de toi, de ce que toi tu veux. Malheureusement, tu ne sais pas exactement ce que tu veux, n’est-ce pas ? Sinon, tu aurais déjà pris ta décision ! 😉 Comme tu es incapable de savoir ce que toi tu veux, à te centrer sur toi, alors tu réfléchis à ce qu’il faudrait faire. Partir à la recherche de ce « il faut » est, à mon sens, un leurre, parce qu’il n’y a aucune réponse universelle. Il n’y a pas de « il faut » dans des situations comme ça. Il n’y a aucune certitude. Tu n’es pas devin, je ne suis pas devin, personne ne l’est. Personne ne pourra te dire si le quitter est la bonne solution, ou si rester est la bonne solution. C’est l’avenir qui te le dira. J’ai même envie de dire que l’avenir lui-même est incertain, car parfois tu prendras une décision qui te semblera évidente… Et puis finalement, le temps passant, tu te finiras par voir les choses totalement différemment. Par exemple : tu le quittes, sans hésiter, parce que tu es très malheureuse. Puis il t’arrive des misères dans ta vie, tu te retrouves encore plus malheureuse et tu te dis que tu n’aurais « jamais dû le quitter ». Ou, à l’inverse, tu vas hésiter pendant des années à le quitter, finalement tu vas rompre, en ayant peur, et puis tu vas rencontrer quelqu’un d’autre et ce sera super. Là, tu te diras « Olala, pourquoi je ne l’ai pas quitté avant, ça a été la meilleure décision de ma vie, j’aurai dû le faire plus tôt ! » Comment pourrais-tu savoir cela, au moment où tu prends ta décision ? Tu ne peux pas le savoir, si bien que, bien souvent, ne sachant pas ce que sera l’avenir, tu essaies de détricoter le truc, de te faire des nœuds au cerveau, en réfléchissant à toi, aux enfants, à ce que vous avez vécu, etc. Bref, ça prend tout de suite des proportions énormes, parce que tu essais de prendre LA bonne décision. 

Si tu es aux prises avec ce type de fonctionnement, je t’invite à te centrer sur ce que toi tu veux, plutôt que sur la recherche de la bonne décision. Si tu ne sais pas ce que tu veux, c’est là-dessus qu’il te faut travailler. Travaille ta relation à toi, afin d’être capable de dire ce que tu veux maintenant et d’être suffisamment armée, d’avoir suffisamment confiance en toi pour pouvoir officialiser ce que toi tu souhaites. Cela, bien sûr, en ayant conscience que c’est ce que tu veux à un instant T, parce que tu connais les informations auxquelles tu as accès aujourd’hui. Je sais que ce n’est pas une mince affaire, mais selon moi c’est important ! 

4. Tu n’as pas terminé de faire le tour des possibilités

Enfin, la dernière notion que j’ai envie d’aborder avec toi – et sur laquelle je reviendrai sans doute dans un autre article 😉 – c’est l’idée de « fermer les portes et d’abaisser les barrières ».

Fermer les portes 

Je trouve qu’on ne communique pas assez là-dessus, sur ce travail qui consiste à « fermer les portes », qu’on retrouve dans les prises de décisions de manière générale et que j’observe énormément dans les couples que j’accompagne. Quand je parle de fermer les portes et d’abaisser les barrières, il s’agit, en résumé, de faire le tour des possibilités existantes. Peut-être que si tu n’arrives pas à prendre la décision de la rupture amoureuse, c’est parce qu’il reste des portes ouvertes : « et si je tentais ça… », « et s’il arrêtait ci… », « et si on essayait cela… ». Toutes ces portes sont des possibilités, à cause desquelles il est compliqué de prendre la décision de la rupture, parce qu’il y a pleins d’autres chemins qui existent. 

J’ai récemment expérimenté cela avec un couple que j’ai accompagné. Travailler sur leur couple avec un thérapeute, c’était une porte qui était encore ouverte. C’était compliqué, ils ne savaient plus où ils en étaient, ils pensaient à la séparation, mais ils avaient envie d’aller au bout de ce qu’il était possible de faire. Ils ont donc pris contact avec moi, pour fermer également la porte « travailler sur leur couple ». L’image que j’essaie de te faire passer, c’est vraiment celle d’un couloir, dans lequel tu fermes les portes progressivement : « ça on a essayé, ça on a essayé… ». À la fin, il n’en restera qu’une. Les femmes que j’accompagne me le disent souvent, qu’elles ont l’impression, pour l’instant, que la séparation n’a pas la seule option qu’elles ont. Elles éprouvent le besoin d’aller « fermer les portes », qui sont encore envisageables. Je suis OK avec ça, c’est normal, cela fait partie du chemin. Bien sûr, plus il y a du passé, plus il y a d’affection, plus il y a des éléments en jeux comme les enfants, la maison, etc., plus ça prendra du temps, de fermer toutes les portes, et surtout, plus tu ressentiras ce besoin de toutes les vérifier, une par une, avant de les fermer. 

Abaisser les barrières

Ça c’est pour les portes à fermer, mais j’ai aussi parlé de barrières à abaisser. Bien souvent, entre toi et la prise de décision, il y a de multiples barrières qui se dressent. Dans le cadre d’une séparation, ce sont notamment toutes les inquiétudes que tu peux avoir, de ne pas y arriver seule, de ne pas savoir gérer les démarches, de te retrouver célibataire, etc. Avec le temps, tu vas travailler sur toi et ton mental va apporter des solutions. Tu vas pouvoir abaisser les barrières et te rendre compte que tu peux gérer seule. Une fois cette inquiétude-là passée, d’autres viendront peut-être, par rapport à ta situation financière, au logement qu’il va falloir trouver, au déménagement, à ce qu’il va falloir racheter, etc. Ces barrières-là seront plus ou moins longues à abaisser, mais progressivement, ton mental va t’apporter des solutions. Je pourrais citer d’autres barrières courantes, comme le fait de te retrouver célibataire, voire mère célibataire, comme le fait, comme je le disais plus haut, de devoir officialiser et en parler à ta famille, tes amis, tes enfants, etc., la notion d’échec… Tout ça, ce sont des barrières qu’il va te falloir abaisser. Une barrière très fréquente et particulièrement compliquée est celle des enfants : « Ce n’est pas ce que je voulais pour mes enfants », « Je voulais une famille unie », « Je ne veux pas être mère célibataire », etc. Certaines mères ont elles-mêmes un parcours compliqué, une enfance difficile avec des parents séparés et elles sont pleines de peurs de faire vivre cela à leurs enfants, elles ont peur de reproduire des schémas familiaux. Mais là encore, si tel est ton cas : avec du temps, tu réussiras à abaisser cette barrière. 

Je pourrais continuer longtemps, à donner des exemples de portes à fermer et de barrières à abaisser. Ce que je veux que tu comprennes, c’est que, progressivement, tu feras ce chemin, jusqu’à la séparation… ou pas ! Parfois, la dernière porte est la bonne, la dernière tentative fonctionne et il n’y a pas de rupture ! Je vois parfois des couples qui me viennent me voir, pour lesquels une thérapie de couple est vraiment la dernière tentative, et pour lesquels ça fonctionne. Et c’est merveilleux ! D’autres fois, cela ne fonctionne pas, mais c’était nécessaire de prendre le temps de vraiment fermer cette porte, et c’est aussi une bonne démarche. Ce travail, de fermer les portes et d’abaisser les barrières, il peut prendre du temps, beaucoup de temps. Ça peut être quelques jours, quelques semaines ou plus, mais quoiqu’il en soit, je t’invite à être bienveillante avec toi-même pendant cette période et à prendre le temps dont tu as besoin. Et si jamais le quitter s’avère être la bonne solution, je te conseille cet article sur la rupture, pour t’aider à en faire une période enrichissante. 

J’espère que cet article t’aura aidée ! Si, malgré tout tu ressens le besoin d’être accompagnée dans cette période compliquée de ta vie, réserve ta séance avec moi juste ici.

Être attiré par quelqu’un alors qu’on est en couple

Dans cet article, on va parler du sujet délicat de l’attirance pour une autre personne que son partenaire. Le premier réflexe de beaucoup de femmes dans cette situation, c’est de se dire que si « je suis attirée par quelqu’un d’autre, c’est que quelque chose va mal dans mon couple ! »

Moi, j’ai envie de déconstruire cette croyance avec toi.

Elle entraîne de la culpabilité et des non-dits qui font d’une émotion naturelle quelque chose de compliqué à vivre, avec parfois des conséquences dramatiques.

Fantasmer sur un autre homme, être attirée par quelqu’un alors qu’on est en couple et amoureuse, ce n’est pas forcément le signe qu’il y a un problème dans la relation. Mais je ne te blâme pas de te faire tous ces nœuds au cerveau, car cette réaction s’inscrit dans le modèle dominant de notre société, qui est le modèle exclusif. « Je te choisis, tu me choisis, je t’aimerai jusqu’à la fin de ma vie. Tant que je t’aimerai, je te resterai fidèle parce que je suis tellement amoureuse de toi, je suis tellement heureuse que je ne regarde pas les autres hommes. Je ne les vois même pas, parce que je n’en ai pas besoin, car tu es mon centre du monde. » J’exagère un peu, mais tu vois ce que je veux dire ?

Selon moi, il s’agit bien d’un modèle et seulement d’un modèle. Je dirais même que c’est idéal, qui s’éloigne de la réalité de la grande majorité des couples. À vouloir se conformer à cet idéal, certaines personnes se briment douloureusement. C’est pour cela que j’ai envie qu’on en parle ! J’ai envie de te faire réfléchir et de bousculer ces croyances qui desservent plus qu’autre chose des personnes qui ont pourtant sincèrement envie de prendre soin de leur couple.

Je te propose de passer en revue 3 questions que tu te poses sûrement si tu es attirée par quelqu’un alors que tu es en couple et que tu vis mal cette situation, pour démonter les idées reçues qui servent (trop) souvent de réponse.

1. Être attirée par quelqu’un alors que je suis en couple, est-ce le signe que ça ne va pas entre nous ? 

La première croyance que j’ai envie de dépoussiérer, c’est celle qui dit qu’être attiré par quelqu’un d’autre est le signe que ça ne va pas : « Ce n’est pas normal, si j’étais amoureuse comme il faut, je n’aurai pas ces pensées-là, donc c’est qu’il y a un problème chez moi ou dans mon couple. » Tu as peut-être aussi cette crainte de t’éloigner de ton partenaire en t’intéressant à quelqu’un d’autre.

Si tu es dans cette situation, je t’invite à te questionner réellement. As-tu vraiment l’impression de t’éloigner de ton partenaire ? Est-ce que c’est un peu compliqué en ce moment dans ta relation ? Est-ce que tu sens comme une fragilité dans ton couple et qu’en plus il y a cette autre personne à laquelle tu penses ? Auquel cas, cette attirance n’est-elle pas qu’une information parmi d’autres ? Ou bien, est-ce qu’il ne s’agit pas plutôt d’une déduction hâtive : « Oh j’ai une pensée pour quelqu’un d’autre ! Donc je suis sans doute en train de m’éloigner de mon partenaire ! » ? Tu vois ce que je veux dire ? Est-ce toi qui fait de cette attirance le signe de quelque chose d’inquiétant dans ton couple, ou bien est-ce qu’effectivement tu es en train de traverser une période particulière dans ton couple, et que le fait de penser à cette personne est un symptôme parmi d’autres ? Être attirée par quelqu’un d’autre n’est pas forcément un problème, par contre ça peut être l’un des symptômes d’un problème. Faire la distinction entre ces deux situations est important, car elles n’ont rien à voir. La meilleure approche à avoir n’est pas la même. 

Peut-être que ça ne va effectivement pas très bien dans ton couple et que le fait que tu penses à un autre est un signe que tu es déjà en train d’amorcer la fin de ta relation… Mais si tu es dans un couple qui fonctionne bien, où tu te sens bien, que tu es heureuse et épanouie, etc. et que, sorties de « nulle part », il y a des pensées pour quelqu’un d’autre, alors ça ne veut pas dire la même chose. Ça n’est peut-être aucunement la justification ou le symptôme d’un problème.

2. Comment faire pour résister à cette attirance ? 

Le deuxième point que j’ai envie d’aborder avec toi, c’est ce réflexe que nous avons souvent, d’essayer de réfréner ce plaisir, de bloquer cette excitation, de stopper ces pensées qui nous emmènent vers cet autre. Tu agis ainsi parce que tu ne trouves pas ça normal, parce que tu te dis que ne « devrais pas » penser cela. Malheureusement, souvent : tenter de bloquer ce genre d’émotion, ça ne fait que les renforcer. 

Bien entendu, je ne te partage là que ma vision des choses et elle n’engage que moi. Mon ressenti est celui-ci : l’attirance pour d’autres personnes que son amoureux n’est pas liée au « degré d’amour » qu’on ressent ou non pour son partenaire. À mon sens, l’attirance pour autrui est quelque chose de naturel et de non-contrôlé. Tu n’es pas à l’initiative de cela ! Tu ne t’es pas réveillée un matin en te disant « Il faut que je trouve quelqu’un pour avoir des pensées excitantes ! » Ça ne part d’aucune intention de ta part, il s’agit d’un élan naturel. Ainsi, venir le réfréner, pour moi, c’est te désaligner de toi-même. C’est essayer de tasser quelque chose qui s’exprime spontanément… Par conséquent, ça ne marche pas.

De manière général, essayer de s’interdire quelque chose ne fonctionne pas. Essaye, par exemple, de ne pas penser à un éléphant jaune. Si tu te répètes toute la journée « ne pense pas à un éléphant jaune, ne pense pas à un éléphant jaune, ne pense pas à un éléphant jaune… » : tu finiras par ne penser qu’à ça. N’est-ce pas ? Au contraire même, tu vas créer tout un tas de pensées angoissantes et culpabilisantes, qui vont finir par réellement prendre forme dans ta réalité, car nos croyances finissent par devenir notre réalité. 

Ce que je te suggère, c’est plutôt d’accepter ces pensées, le fait que ce soit naturel et que tu n’as pas à te sentir responsable de cet élan. Essaye de le laisser passer, laisse-le circuler et regarde où il t’emmène. Observe ce qu’il a à te dire. Eplore le message qui se cache derrière. Peut-être as-tu ces fantasmes avec cet autre partenaire autour de quelque chose que tu aimerais faire ? Peut-être est-ce quelque chose que tu aimerais amener dans ta relation avec ton amoureux, mais que cela te paraît tellement improbable que tu le fantasmes avec quelqu’un d’autre ? Ou peut-être pas ! Cherche à comprendre ce que ça vient dire de toi. 

Peut-être qu’il s’agit simplement d’une pensée qui t’es agréable ? Avoir des pensées attirantes pour quelqu’un, ce n’est pas désagréable. Ce qui l’est en revanche, ce sont justement toutes les pensées culpabilisantes qui viennent avec. Ainsi, peut-être as-tu envie d’évasion, de nouveauté, de fun, etc. ? Laisse-toi porter par ça, et tu verras que, bien souvent, ça s’arrêtera là. La plupart du temps, c’est un élan naturel comme on peut en avoir tout au long de sa vie et qui ne remet pas en question le couple. 

En revanche, si tu rajoutes de la culpabilité et du doute sur ces pensées, alors c’est toi qui les fais entrer dans ton couple ! La culpabilité que tu ressens ne vient peut-être pas de ta pensée de départ, mais de l’interprétation que tu en as faites. De fil en aiguille, tu verras cette culpabilité partout. De même qu’à force d’essayer de réfréner ces pensées, elles deviendront omniprésentes. Alors, la moindre dispute (même sans aucun rapport !) viendra alimenter ce doute, qui part de quelque chose qui, à la base, n’est pas forcément un problème.

3. Si j’ai envie de plus que ça, est-ce normal aussi ?

Pour finir, je vais répondre à la question que je devine être dans la tête de certaine : « et si j’ai envie de plus que ça ? Si j’ai envie de plus que des pensées, est-ce que, dans ce cas, ça ne veut pas dire que j’ai un problème ? » Moi, j’ai envie de dire : non, pas forcément. Peut-être que ça ne veut pas dire que tu as un problème avec ton partenaire.

En revanche, ça signifie peut-être que le modèle de couple exclusif de notre société ne te convient pas, ou plus. Et moi je ne trouve pas ça déconnant ! Tu as le droit d’évoluer, de changer d’avis, d’avoir une vision des choses différente ! Quand tu as connu ton partenaire, tu avais un certain âge, une certaine expérience de la vie. Depuis, les mois, les années, voire les décennies ont passé et tu es différente. Tu es peut-être arrivée à une étape de ta vie qui te donne envie d’explorer autre chose. Le couple exclusif ne te convient donc peut-être plus. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, c’est peut-être juste la prochaine étape de ta relation de couple. 

Dans cette étape, comme dans toutes les étapes de ton couple, j’ai envie de t’inviter à déculpabiliser. Autant je pense que le fait d’être attirée par une autre personne, même si tu as envie d’aller au-delà des simples pensées, ce n’est pas forcément une mauvaise chose… autant je pense que si tu gardes cela pour toi, en silence, en essayant d’oublier, ça peut devenir une mauvaise chose. J’ai envie de te pousser à explorer le besoin qui se cache derrière ça. Ce peut être l’occasion d’une discussion avec ton partenaire. Est-ce que ça mènera à quelque chose ou pas ? On n’en sait rien. Mais il est important de se sentir libre d’en parler !

J’insiste beaucoup là-dessus en consultation avec mes clients : laisse-toi libre d’exprimer ce qui te passe par la tête. Peut-être que ton partenaire ne sera pas réceptif, ou peut-être que toi-même tu n’auras pas envie d’aller plus loin, mais dans tous les cas : laisse-toi le droit d’explorer ça. Tu as le droit d’avoir des envies et cela dit des choses sur toi, des choses que tu as le droit de comprendre ! 

En résumé, mon message du jour, c’est : être attirée par quelqu’un alors qu’on est en couple, pourquoi est-ce que ce serait forcément un problème ? Autorise-toi à te laisser porter par tes pensées pour découvrir où ça te mène. J’ai déjà rencontré des couples qui ont paniqué au débout… avant de réaliser que ce n’était que le début d’une autre aventure dans leur relation. Cependant, si tu sens que ça engendre de la tension, que c’est crispant, que tu n’arrives pas à chasser à cette culpabilité : n’hésite pas à venir me voir ! Je suis thérapeute de couple et j’aide des femmes et des couples à dénouer, entre autres, ce genre de situations. 

Je reçois dans mon cabinet dans l’Essonne et je propose aussi des consultations en ligne.

Réserve ta séance avec moi juste ici.