Communication bloquée dans le couple | Que faire ?

Dans cet article, nous allons parler d’outils de communication de couple ! C’est une thématique que j’ai déjà abordée, mais c’est un sujet tellement essentiel et tellement large que j’ai envie, aujourd’hui, de te donner une clé pour aborder certaines situations de communication bloquée dans le couple. Tu sais, je parle de ces moments où tu as l’impression que « nous ne parlons pas la même langue ! » En tant que thérapeute de couple, je l’utilise beaucoup avec les personnes que j’accompagne et ça me semble important de t’en faire également profiter 😉 D’où vient le problème, quelle place donner au rationnel et à l’émotionnel et pourquoi, comment cela peut débloquer ces situations compliquées, etc. : je te dis tout.

Nous ne parlons pas la même langue !  

Quel est le problème ?  

On me dit souvent : « En fait, Lucie, nous ne parlons pas la même langue, nous ne comprenons pas. Du coup, nous nous disputons. » Ça revient très souvent, j’imagine que ça te parle. Il y a des couples qui viennent m’assurent : « La communication, c’est bon Lucie ! Nous communiquons, nous communiquons, nous communiquons… Et pourtant, nous ne nous comprenons pas. Et pourtant, nous n’arrivons pas à trouver un terrain d’entente. Nous communiquons, mais ça ne fonctionne pas, nous avons l’impression de communiquer pour rien, de perdre notre temps. Nous avons le sentiment de parler, parler, mais parler pour ne rien dire car l’autre ne comprend pas. Les mêmes discussions reviennent, encore et encore. Nous refaisons le même film. Mais ça fait pschit… Du coup, j’ai envie de vous apporter une clé par rapport à ce problème.

S’agit-il de rationnel ou d’émotionnel ?

Cette clé est toute simple. Demande-toi : s’agit-il d’une communication émotionnelle, ou d’une communication rationnelle ? Tu verras, tout est là. Est-ce de l’émotionnel, du ressenti ? Ou s’agit-il de rationnel, d’argumentaire ? Le nombre de fois où je vois des couples me décrire leurs conflits, leurs embrouilles, leurs disputes… et où, en fait, je constate qu’ils ne sont pas sur le même niveau. Ils ne parlent effectivement pas le même langage : l’un parle d’émotionnel, de ressenti, tandis que l’autre en face arrive avec de l’argumentaire. Ça ne peut pas fonctionner, puisque vous ne parlez pas de la même chose !

Exemples de communication bloquée dans des couples que j’ai accompagnés

Étudions des exemples que j’ai déjà travaillés avec des clients, pour que cela te parle. Dans un couple, elle avait un projet, disons plutôt une envie, de deuxième enfant. « Je le sens, j’ai envie, là, d’un deuxième enfant ! » En face, il avait l’air un argumentaire long comme le bras, mais vraiment long comme le bras : « Ce n’est pas le bon moment, nous sommes très bien, l’arrivée de notre première enfant a été compliquée. Ce fut complètement bouleversant, nous sommes encore fragiles, ce n’est peut-être pas le bon moment pour se lancer. Financièrement, ce n’est peut-être pas le meilleur moment. » Il présentait tout un tas de raisons argumentées, précises… et pertinentes ! Il était extrêmement pertinent, lorsqu’il expliquait pourquoi ce n’était pas le bon moment pour un deuxième enfant. En face, elle répétait : « Oui, mais j’en ressens l’envie. » Là, vous voyez bien : ils peuvent discuter comme ça pendant des jours, pendant des heures et des heures, sans jamais réussir à communiquer. Enfin… ils vont communiquer, mais ne trouveront pas de terrain d’entente. Quand bien même ils trouveraient un terrain d’entente, ce pourrait n’être qu’en surface :

  • Soit ce sera elle qui dira « OK, je comprends, ce n’est pas le bon moment »… mais elle aura toujours envie de ce deuxième enfant. Alors elle s’écrase, elle tait son besoin et son désir.
  • Soit lui acceptera : « OK, partons pour un deuxième enfant », alors qu’il est convaincu par A + B que ce n’est pas le bon moment.

Ça, c’est une situation dans laquelle on ne parle pas le même langage. L’un est dans l’émotionnel, l’autre dans le rationnel. On parle ressenti ou on parle argument. Souvent, dans les désaccords et conflits de couple, ça se mélange. L’un commence à évoquer son ressenti, l’autre répond avec de l’argumentaire.

Il n’y a pas longtemps, j’ai aussi rencontré un couple qui rencontrait un problème autour du sujet de l’enfant. Lui avait un ressenti : « Je ne me sens pas à ma place, j’ai du mal à trouver ma place de père. » Là, il s’agit de ressenti. Elle, en face, répondait : « Donne-moi des preuves, ce que tu exprimes n’est pas concret. Sur quoi ça repose ? » Elle lui répondait avec une liste longue comme le bras d’éléments décrivant comment il s’implique, comment elle fait en sorte de l’investir, de lui laisser sa place, etc. Elle parlait de tout ce qu’elle mettait en place pour qu’il ait sa place, ainsi que les exemples de moments où il avait sa place, etc. Là encore, c’est la même chose : ressenti contre arguments. Ça bute, ça ne fonctionne pas, ça ne marche pas.

Je voulais détailler des exemples, pour que tu vois bien de quoi je parle, que tu prennes conscience de ça, du fait que vous ne parlez pas le même langage.

Rationnel et émotionnel sont tous les 2 importants

Attention, je ne suis pas dans l’idée d’un jugement. J’ai vraiment envie d’insister là-dessus, car, souvent, dans notre monde un peu moderne, l’argumentaire prend le pas. Bien souvent, on tait, faire taire, le ressenti et l’émotionnel, car ce n’est pas argumenté, pas concret. Il n’y a d’arguments en face, pas d’exemples concrets, donc on peut adopter des postures telles que : « Écoute, tes sentiments c’est bien gentil, mais ça ne se base sur rien, donc remballe. Ça ne sert à rien. » Je trouve que c’est ça, l’état d’esprit de notre monde moderne. J’ai envie d’insister là-dessus, car à mon sens, ce n’est pas plus ou moins important. Je ne dis pas que l’émotionnel et le ressenti priment sur l’argumentaire. Je crois vraiment que ce sont 2 approchent différentes et qu’il n’y a pas de plus ou de moins important entre elles.

Cette différence de langage peut engendrer des déséquilibres

Mais on trouve souvent des couples avec l’un qui est à l’aise avec l’argumentaire, et l’autre qui a un fonctionnement axé sur le ressenti, qui le rendra moins à l’aise avec l’argumentaire. On arrive alors sur quelque chose de déséquilibré, d’inégalitaire, avec celui qui est hyper à l’aise sur l’argumentaire qui va :

  • soit exiger de l’autre qu’il développe son de manière argumentée son ressenti – ce que l’autre ne pourra pas faire, puisque c’est un ressenti ;
  • soit contrecarrer l’autre avec une foule d’arguments, jusqu’à ce que l’autre lâche, au bout d’un moment.

Je fais une parenthèse. Souvent, j’entends « Nous nous sommes expliqués, j’avais l’impression que l’autre avait en face avait compris, et en fait 2 jours après nous avons la même discussion… Qu’est-ce qu’il s’est passé ? L’autre en face n’a pas compris ? » Si, bien sûr que si, il a compris. Sauf que, effectivement, quand quelqu’un vous partage un ressenti, et qu’en face vous arrivez avec des arguments, des arguments, des arguments… la personne, en face, va lâcher, car elle aura l’impression de ne pas être comprise. Elle va lâcher, parce qu’elle verra bien, qu’au niveau argumentaire, elle ne fait pas le poids, donc ce combat-là n’a pas lieu d’être. Au bout d’un moment, soit elle va dire oui… mais ce sera un oui de façade : « oui d’accord, oui j’ai compris… mais mon ressenti est toujours là, c’est juste que je le fais taire. » Mais il n’a pas disparu, si bien que ça va revenir. Ça reviendra plus tard, ça reviendra d’une autre manière, mais ça reviendra, car ça n’aura pas disparu. Quand on est du côté de l’argumentaire, on a souvent cette impression de satisfaction : « J’ai bien expliqué, j’ai donné les bons arguments, donc l’autre en face va comprendre. » On constate que l’autre se tait, on conclue que l’autre a compris, on a l’impression que c’est réglé et on en éprouve une certaine satisfaction personnelle. Alors que non, non, non. Ce n’est pas réglé du tout, c’est juste que vous avez fait taire le ressenti de l’autre. Il s’agit uniquement de ça. Généralement, ça génère quelqu’un en face qui n’exprime plus ce qu’il ressent. Parenthèse fermée, je voulais simplement prendre le temps d’attirer ton attention là-dessus.

L’outil de communication que je te propose

Laissez de la place au ressenti

Ce n’est ni positif, ni négatif, ni mieux, ni moins bien : ce sont juste 2 manières différentes de communiquer. J’insiste : il n’y a pas de hiérarchie de valeur. Du coup, tu me vois venir : maintenant que tu as bien compris tout ça, qu’est-ce que tu en fais ? Une fois que tu sais si tu es dans l’émotionnel ou dans le rationnel, qu’est-ce que tu fais (parce qu’il faut bien communiquer, in fine) ? Ma proposition, c’est de vous inviter à faire de la place au ressenti. Laissez un espace pour le ressenti.

1 : est-ce qu’on est sur de l’argumentaire ou de l’émotionnel ? Soyez au clair, exprimez-le à voix haute.

2 : si on parle de ressenti, laissez parler le ressenti !

Bien évidemment que si vous avez des arguments en face : exprimez-les. Mais soyez au clair, entre vous, sur le fait que vous ne parlez pas le même langage et que, par conséquent, l’argumentaire que vous proposez apporte une autre vision, apporte une autre manière de voir les choses, mais il n’est en aucun là pour essayer de convaincre l’autre de faire changer son ressenti. Elle est là l’erreur, c’est d’essayer de faire en sorte que l’autre change son ressenti, qu’il soit étayé ou pas étayé. Si un ressenti n’est pas étayé, ça ne signifie pas qu’il n’existe pas.

Acceptez qu’un ressenti est réel même s’il n’est pas argumenté

Je fais un parallèle un peu bidon, mais j’avais vu un reportage qui m’avait marqué, il y a plusieurs années, autour des douleurs fantômes, dont on dit : « oh c’est dans la tête ». Vous savez, ces gens qui ont mal au ventre, mal à la tête, qui ont tout un tas de symptômes physiques, douleurs ou autres, qui ne reposent sur rien de médical, de tangibles, de physiologique. Certains banalisent cela en disant que « c’est dans la tête ». Peut-être ! Peut-être, que c’est dans la tête, que c’est psychologique et pas physiologique. Peut-être qu’il n’y a rien de médical qui explique ces douleurs, pour autant, ces douleurs sont toujours là. Quelqu’un qui vous dit qu’il a mal au ventre, même si c’est dans la tête, il a quand même hyper mal au ventre. La douleur est là. Le ressenti, même s’il ne repose sur rien, même s’il n’est pas étayé, il n’en est pas moins réel. Quelqu’un qui vous dit « J’ai envie d’un autre enfant. » ou « Je ne me sens pas bien. », « Je ne me sens pas à ma place. », ou encore « Je ne me sens pas bien dans notre relation. », sans pour autant étayer ce propos, il ne se sent quand même pas bien. Il est donc important qu’il y ai de l’espace pour cela. C’est important d’accueillir cela, sans le banaliser, le minimiser. Il ne faut pas le ranger au placard au seul motif que ce n’est pas étayé par des arguments. Je t’invite à assumer tes ressentis, à oser exprimer un ressenti et à être au clair : certes, je n’ai peut-être pas d’argumentaire, mais j’ai un ressenti et j’ai envie de le partager avec toi.

Communication bloquée dans le couple : pour conclure

Récapitulons. Je conseille :

  • d’être au clair sur ce dont vous êtes en train de discuter ;
  • de laisser de la place pour l’émotionnel.

Tu verras, ne serait-ce que ça, ne serait-ce que de prendre le temps de parler du ressenti, d’accorder un espace pour exprimer l’émotionnel, quitte à évoquer les arguments dans un second temps : ça change tout. Vraiment, ça change tout. Il n’y a pas forcément besoin de beaucoup plus que ça : reconnaître la langue dans laquelle on va s’exprime et reconnaître que la langue de l’autre a autant de valeur que la sienne. Là, déjà, à mon sens, c’est une belle clé de communication. Tu verras, en le pratiquant, que ça change la donne. L’idée n’est pas d’épouser un fonctionnement plutôt qu’un autre. L’idée n’est pas de ne faire que de l’émotionnel, que du ressenti, ni de faire que l’argumentaire. L’idée, c’est d’être au clair sur ce dont on parle, sur la sphère dans laquelle on se trouve et sur le fait que sa sphère n’est pas moins importante que celle de l’autre.

On arrive à la fin de cet article ! Dis-moi si ça te parle, si ça résonne chez toi. Racontez-moi si vous l’avez déjà expérimenté dans ta relation et comment. J’attends tes retours via mon site internet ou mon compte Instagram 😉 Je suis également à ta disposition si tu cherches des conseils pour prendre soin de ton couple ou sur les accompagnements que je propose en tant que thérapeute de couple.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *