Communication du couple : 3 erreurs passées au peigne fin

Tu es à la recherche d’astuces de communication pour ton couple ? Dans cet article, je te propose d’aborder 3 erreurs courantes, commises par beaucoup de duos amoureux. Si tu rencontres des problèmes de communication dans ton couple, je vais tâcher de t’amener à des prises de conscience. Je le dis souvent : je n’ai pas de solution magique ! Mais les pistes de réflexion que j’aimerais impulser peuvent t’aider à rétablir une bonne communication entre ta moitié et toi.

1.      Interpréter sans savoir, un classique à éviter en communication de couple

Que sont les interprétations erronées ?

La première erreur de communication dont j’aimerais discuter avec toi est assez courante. Il s’agit des interprétations erronées. Ce sont toutes ces analyses que l’on fait, d’une attitude, d’un comportement, d’une parole de l’autre, de ce que l’autre a fait ou n’a pas fait. Il peut s’agir de quelque chose qui n’aura duré qu’une fraction seconde, mais ça a suffi au cerveau pour marquer un temps d’arrêt. « Quoi, il n’a pas fait ça ? » Le cerveau bloque, ne comprend pas très bien ce qu’il s’est passé, car ce n’est pas ce qu’il attendait ou imaginait. Comme le cerveau n’aime pas ne pas comprendre, il interprète. Tu ne sais pas ce qu’il s’est passé, ce n’est pas la suite logique que tu attendais. « Je pensais qu’il ferait ça, mais il a fait ça… » Et du coup, tu interprètes. C’est humain, c’est normal, c’est instinctif. On a besoin de comprendre les autres et notre environnement, donc ce n’est pas un problème en soi, d’interpréter. Les soucis arrivent lorsqu’il s’agit d’interprétations non communiquées.

Je vais vous donner un exemple, simple et courant : « Il ne m’a pas rappelée. » (Ou « Elle ne m’a pas rappelé. ») Tu pensais qu’il le ferait, mais non. C’est insupportable de rester avec ce constat inexpliqué, mais au lieu d’aller questionner la personne concernée, tu restes avec ton interprétation.

Quelles conséquences peuvent-elles entraîner ?

Les interprétations erronées deviennent dangereuses pour le couple lorsqu’une décision est prise, à partir de cette fausse déduction. Si on poursuit l’exemple, en partant du postulat qu’il s’agisse d’un 1er ou 2nd rendez-vous, tu peux en arriver à supposer qu’il « s’en fout », qu’il « n’en a rien à faire ». À partir de cette interprétation, tu peux décider d’abandonner cette relation… alors que la raison est peut-être toute autre. Cet exemple concerne un « couple débutant », mais cela arrive aussi à des couples installés. Ces décisions sont parfois importantes, avec des conséquences notoires.

Un couple qui communique mal peut se retrouver confronter à des problèmes aux proportions démesurées, à cause de ricochets d’interprétation. Cela peut commencer, par exemple, avec l’impression que ton partenaire a une attitude bizarre. Tu interprètes qu’il fait la gueule et te mets faire de même. Puis, de son côté, il se rend compte de ton attitude et se met effectivement à faire la gueule. Par ricochet, 3 semaines après, vous vous retrouvez avec une grosse dispute. Mais pourquoi ? Comment ça a pu prendre des proportions si importantes ? Ce sont ces « petits riens », 3 semaines auparavant, sur lesquels vous n’avez pas communiqué, qui vous ont fait en arriver là. Au fil du temps, les interprétations peuvent s’ajouter. En restant sur ton interprétation de départ, ça s’est amplifié, ça a grossit. Bref, tu vois l’idée.

Solution : pourquoi ne pas accepter l’inconfort de ne pas tout savoir ? Ou demander !

Maintenant qu’on a étudié cette 1re erreur, voilà ma 1re astuce pour améliorer ta communication de couple. Lorsque ton partenaire a un comportement ou une parole que tu ne comprends pas, tu peux décider de l’accepter, de rester avec cet inconfort – si tu n’as pas envie d’en demander plus. « OK, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais ce n’est pas grave. Je reste avec mon « je ne sais pas » et j’arrête de me prendre la tête à essayer d’interpréter. » Sinon, tu peux demander ! C’est aussi une piste intéressante 😉 « Écoute, là je n’ai pas bien compris ce que tu as fait. Tu veux bien m’en dire plus ? Qu’est-ce qui se passe pour toi ? »  

2.      Trop se parler peut aussi être un problème de communication dans le couple

Comment partager toutes ses pensées peut entraîner un risque d’insécurité ?

La deuxième erreur que j’ai envie d’évoquer avec vous, c’est le fait de trop parler. C’est en contradiction avec la première, me diras-tu ! De plus, on entend très souvent ce discours qui nous rabâche qu’il « faut communiquer, faut communiquer, faut communiquer… » Ce n’est pas faux et je mets des guillemets prudents autour de cette erreur, mais j’ai envie de mettre un bémol là-dessus. J’aimerai que tu prêtes attention à cette idée du « trop parler ». Évidemment, ça dépend des couples et de leur fonctionnement. Néanmoins, pour beaucoup, il peut y avoir quelque chose d’assez insécurisant à être dans un couple où on se parle trop. Je m’explique. J’imagine que tu le sais : ton cerveau fonctionne à mille à l’heure. Tu as des dizaines de milliers de pensées tous les jours. Si tu communiques à l’autre la moindre de tes pensées, tu peux créer chez lui quelque chose de confus et d’insécurisant.

Je prends des exemples au hasard, mais il peut arriver à tout le monde, parfois, de penser à une séparation ou de questionner ses sentiments amoureux. On peut avoir des questionnements, des pensées qui vont et viennent. Cela ne repose pas forcément sur quelque chose que tu penses de manière profonde ! Ce sont juste des pensées qui te passe par la tête, avant de repartir. Si tu communiques toutes ces choses qui te passent par la tête, du point de vue de ton partenaire, ça peut donner quelque chose de flou et de stressant. En effet, ta moitié n’a pas les moyens de savoir si ce n’est qu’une idée passagère ou si c’est une réelle préoccupation de fonds.

Dans quelle intention ces pensées sont-elles partagées ?

Ainsi, avant de partager tes réflexions avec ton partenaire, je te conseille de t’interroger. Demande-toi, par exemple :

  • Est-ce ponctuel ?
  • Est-ce une pensée que j’ai déjà eue ?
  • Est-ce que j’avais déjà cette pensée-là il y a quelques semaines ?

Si finalement tu décides de communiquer cela avec l’autre, demande-toi quel est ton objectif.

  • Est-ce juste par envie de partager ce qui me passe par la tête ?
  • Est-ce que j’ai envie de te blesser ?

Car oui, on peut arriver sur ce genre de fonctionnement. Il peut s’agir d’une réaction qui te pousse à aller raconter ce qui te passe par la tête parce que tu as envie de faire du mal à l’autre. Souvent, c’est une réponse à un moment où tu as eu l’impression que l’autre a été désagréable avec toi, où l’autre t’a fait mal. Tu renvoies donc les choses désagréables que tu as dans la tête, parce que ça va lui faire du mal. Évidemment, il faut savoir faire la part des choses : il ne faut pas attendre 3 ans si on sent qu’il y a des choses compliquées qui couvent. Mais il est important d’avoir conscience qu’il peut s’agir de ce genre de fonctionnement toxique.

Solution : prendre le temps de mûrir une réflexion

Pour éviter les complications que peuvent engendrer le fait de « trop parler », j’invite à mûrir un peu la réflexion : qu’as-tu envie de dire à l’autre, de créer chez l’autre ? Si tu ne veux pas créer d’insécurité, mûris ta réflexion pour présenter quelque chose d’abouti, qui soit solide et non pas juste une idée passagère.

Je tiens cependant à prendre le temps de nuancer mon propos. Il y a des couples qui fonctionnent très bien comme ça. Il est possible que les deux partenaires soient capables d’entendre complètement toutes les pensées de l’autre, sans que ça génère d’insécurité. Si vous fonctionnez ainsi, c’est OK !

Mais pour beaucoup d’amoureux, c’est compliqué de recevoir toutes les pensées de l’autre et c’est alors important de se préserver. Si tu as un partenaire qui te raconte un jour je t’aime, un jour je ne t’aime plus et puis de nouveau je t’aime très très fort, avant de repartir sur des questionnements… bref, si ton partenaire t’impose des montagnes russes émotionnelles : préserve-toi ! Dis-lui que tu constates que ce qu’il dit aujourd’hui n’est pas ce qu’il disait hier, ni ce qu’il disait il y a 2 jours et que ce n’est pas ce qu’il dira dans 2 h… Dis-lui, qu’il génère quelque chose de pas terrible pour toi et demande-lui de revenir quand ce sera plus aboutit. Tu as le droit, de lui expliquer : « Je n’ai pas envie d’être le réceptacle de toutes tes émotions et questionnements, parce que ça provoque chez moi de l’insécurité. » Autorise-toi à le verbaliser. Il ne s’agit pas de refuser de communiquer, mais de refuser d’être un journal intime. Le déroulé de ce qui se passe à l’intérieur de soi, ça se partage avec le journal intime, avec un ami ou avec un psy. Ton partenaire peut entendre que tu as besoin de te protéger de ce sentiment d’inquiétude, de stress.  

3.      Croire que l’on sait mieux que l’autre ce qui est bon pour lui, la fausse bonne idée

Vouloir ce qui est le mieux pour l’autre : une fausse bonne intention ?

La troisième erreur dont je vais te parler, c’est le fait de croire que l’on sait que l’on sait mieux que l’autre ce qui est bon pour lui. On le fait tous – au moins un peu – et je commence par dire que c’est humain. Quand on aime quelqu’un, on lui souhaite le meilleur, et avec notre regard extérieur, on a l’impression d’avoir une vision plus neutre. On peut avoir le sentiment que « lui il ne sait pas, lui il ne se rend pas compte, lui il est train de le vivre… Alors que moi j’ai un peu de recul, moi j’ai fait un travail sur moi. » Voire même : « Moi j’ai fait du développement personnel donc moi je sais ce qu’il devrait faire » ou « Moi j’ai été comme lui, mais j’ai compris les choses, j’ai fait un travail sur moi, donc maintenant moi je sais et j’ai envie de lui transmettre le bon chemin. » Je l’ai déjà vu, avec des couples que j’ai accompagnés. Tu te reconnais (un peu) dans ces paroles ? 

Comment cette position peut créer un déséquilibre dans le couple ?

C’est positif, car ces pensées partent d’une très bonne intention. Mais j’attire ton attention : ça te place dans une « posture haute ». Cette posture indique que ta position est la suivante : « C’est moi qui sais, c’est moi le sachant et donc c’est moi qui décide ce qui est bon pour toi. » Et là, clairement, ça peut créer un déséquilibre. Ça peut (et c’est compréhensible) ne pas être bien perçu par l’autre « en bas ». Cette démarche est intéressante quand elle est demandée. Quand l’autre est dans des inquiétudes, dans le doute, qu’il hésite et qu’il te réclame ton aide, là OK, tu peux tenter de le guider. S’il demande « Toi qui a vécu ça, qu’est-ce que t’en penses ? », alors pourquoi pas ! Là il n’y a pas de soucis : laisse libre cours à cette position haute de sachant.

Mais si ce n’est pas demandé par ton partenaire : attention ! Il peut effectivement être dans des doutes, des questionnements que tu as connus… Mais lui, il en est là pour le moment. Avec cette posture de « Je t’explique la vie », tu arriveras peut-être trop tôt. Peut-être qu’il n’a pas envie que ça vienne de toi. Peut-être que, pour lui, ce n’est pas encore le bon moment. Laisse le temps à l’autre de cheminer sur son propre parcours. En pensant savoir mieux que l’autre ce dont il a besoin, on peut braquer ou vexer. Souvent, on se retrouve à provoquer le rejet plus qu’autre chose.

Solution : veiller à ne pas se sacrifier sans savoir ce que l’autre souhaitait

En plus de ce risque de rejet, cette attitude peut provoquer, sur le long terme, une réelle rancœur et j’aimerai attirer ton attention là-dessus. Certaines personnes vont plus loin que la simple (bonne) volonté d’aider l’autre en lui expliquant comment elles-mêmes ont traversé une épreuve ou période de doute. Parfois, cela prend l’aspect suivant : « Je sais ce qui est bon pour toi et je le fais même si ça ne me convient pas trop. » Parmi les couples que j’ai accompagnés, j’ai déjà rencontré des personnes qui ont pris des habitudes, ont fonctionné d’une manière qui ne leur convenait pas, en pensant agir au mieux pour l’autre, mais sans communiquer. « Je sais que c’est ça qu’il veut, dont il a besoin, donc je vais procéder ainsi, même si cela ne me convient pas vraiment. » Au bout d’un certain temps, ça va créer de la rancœur : « Avec tout ce que j’ai fait pour lui ! Moi j’ai fait tout ça pour lui et voilà comment il me remercie ! » Mais face à ses reproches, le partenaire répondra : « Mais je ne t’ai rien demandé ! À quel moment as-tu cru que c’est ça que je voulais ? » On arrive à un dialogue rempli d’incompréhensions :

« – Mais si je te connais, je sais que c’est ça que tu veux. »

« – Non ! Est-ce que tu me l’as demandé ? Est-ce que je te l’ai exprimé ? »

Si tu te « sacrifies » en pensant agir au mieux pour ton partenaire, sans lui en avoir parlé, tu risques de faire éclater ce genre de dispute. Ces conflits s’enracinent sur des choses profondes. Certains couples fonctionnent comme ça pendant des années, avec l’un des deux qui croit quelque chose, qui ne lui plaît pas mais qu’il fait quand même « pour l’autre ». Malheureusement, ces sacrifices peuvent amener à de grandes rancœurs, s’ils sont basés sur des croyances. L’autre est un autre à part entière et croire ce que tu sais ce qui est mieux pour lui peut vraiment générer des difficultés dans votre relation. Donc on communique ! On questionne ! On partage ses ressentis !

Voilà donc le message de ce podcast : sors des suppositions et des idées reçues. Oublie les « C’est comme ça que les autres fonctionnent ». Abandonne les analyses, les « Il a fait ça donc ça veut forcément dire que… » Non : si tu ne sais pas, si tu as des doutes, mieux vaut demander. J’espère que cet article t’a plu et t’apportera des pistes de réflexions bénéfiques pour tes problèmes de communication de couple.

Si tu envie d’aller plus loin, j’ai créé un challenge gratuit : « Les 5 clés pour améliorer la communication dans son couple ». Tu y trouveras des vidéos et des exercices, pour travailler sur ta façon d’échanger avec ta moitié.

Lucie

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