La sexualité après bébé : mes 3 conseils

Comment retrouver l’envie de faire l’amour après l’accouchement ?

Voilà une question que se posent beaucoup de femmes, devenus jeunes mères.

Dans cet article, j’ai envie de te parler de la sexualité après bébé, car c’est un sujet compliqué pour beaucoup de jeunes parents, voire de parents tout court. C’est aussi un sujet pertinent pour les couples qui vont devenir parents !

Beaucoup de choses sont difficiles après l’arrivée d’un enfant, parce que ces sujets n’ont pas été abordés auparavant, ou si peu… Communiquer en amont, pour essayer de balayer tous les potentiels points sensibles, cela peut vous permettre de ne pas vous sentir complètement en terre inconnue une fois devenus parents. Bien évidemment, il y a ce qu’on disait avant et ce que l’on vit après ! Néanmoins, lorsqu’on a verbalisé un sujet, il est plus facile de le traiter, de le vivre avec souplesse.

Le sexe après l’accouchement ne fait pas exception à la règle. Comment harmoniser le couple et la parentalité ? Pour moi, un des leviers auquel il faut être attentive, c’est la sexualité. Je te détaille 3 conseils pour aborder ce sujet au mieux.

1.      Sortir des idées reçues sur la sexualité après une grossesse

J’ai envie de commencer par dire que ce n’est pas une obligation, ce n’est pas une fin en soi, ce n’est pas un automatisme. Il y a beaucoup de couples pour lesquels la sexualité n’est pas un pilier, pour lesquels ce n’est pas un élément majeur de leur relation, de leur équilibre de vie. Leur sexualité fonctionne très bien, mais ce n’est pas quelque chose sur lequel ils mettent l’accent. Vraiment, j’attire votre attention là-dessus : il n’y a pas d’obligation à avoir une sexualité « dans la norme ».

Cependant, je vois bien avec les couples que j’accompagne que c’est un sujet qui revient régulièrement. Il peut générer d’importantes tensions, de grands conflits et désaccords. Cela est d’autant plus vrai quand on n’est pas à l’aise pour en parler. En général, les gens n’évoquent pas facilement ce qu’ils ressentent ou ce qui les gênent.

Ces couples rencontrent des difficultés qui ne sont pas verbalisées. Avec le temps, elles prennent de plus en plus d’ampleur, parce qu’on n’a pas mis de mots dessus, parce qu’il n’y a pas d’espace pour en parler. C’est pour ça que j’ai vraiment envie de vous conseiller de sortir des préconçues : ça embrouille, ça laisse supposer des choses pas forcément fondées, sur un sujet dont il est déjà difficile de discuter.

Concernant l’impact de l’arrivée d’un enfant sur la sexualité, on entend (très) souvent ce discours qui veut que « ça va être compliqué ». Le message ambiant ressemble à : « Préparez-vous, ça va être différent, ça va changer, ça va être moins intense, moins intéressant, moins fréquent… Bref : ça va être différent de ce que vous avez connu avant. »

Ce que j’en dis, moi, c’est qu’il s’agit complètement d’une idée reçue. Il y a aussi des couples pour lesquels, au contraire, ça fonctionne très bien, voire pour lesquels c’est mieux. Il y a des couples pour lesquels, après l’arrivée des enfants, il y a vraiment un sentiment de retrouvailles. Ces couples-là ont souvent une sexualité plus épanouissante que ce qu’ils avaient connu avant d’avoir des enfants.

Donc vraiment, j’attire ton attention sur le fait qu’il n’y a pas lieu d’accorder du crédit à cette idée préconçue qui veut que « ça va être plus compliqué ». Ce n’est pas forcément le cas ! Cependant, c’est en effet possible. Je ne nie pas que pour certains couples : oui c’est plus compliqué, plus difficile, moins simple. Mais j’aimerai que tu ne te mettes pas en amont dans des cases, en présupposant que les choses vont être plus compliquées, alors que ce ne sera pas forcément le cas.

Souvent, quand j’accompagne des couples qui m’expliquent que c’est compliqué avec la sexualité depuis l’arrivée des enfants, je commence par les laisser s’exprimer. Puis, rapidement, je leur demande comment c’était avant. Certains couples font face à des tensions dans leur intimité, qui, en fait, étaient antérieures au bébé. Elles ne sont que réactivées par les difficultés de la parentalité, mais fréquemment, c’était déjà compliqué en amont.  Cependant, les désagréments ressentis sont plus forts, moins banalisés qu’auparavant. Cela n’avait pas été discuté, ces difficultés n’avaient pas été travaillées, personne n’avait posé de mots dessus.

À l’arrivée des enfants, à cause du stress et de la fatigue que ça amène, certaines personnes ne font plus les efforts qu’elles faisaient avant. Mon premier conseil est donc de commencer par essayer d’avoir un premier regard honnête et authentique sur votre sexualité. Questionnez-vous : « Est-ce que c’est vraiment à cause de l’arrivée des enfants que j’éprouve cela ? Est-ce qu’il y a vraiment un avant/après ? Ou bien est-ce qu’il y avait déjà des choses un peu fragiles, un peu compliquées, sur lesquelles aucun mot n’avait été mis et qui se révèlent avec l’arrivée des enfants ? »

Pour moi, en tant que thérapeute de couple, ce n’est pas la même approche. Je pense que c’est intéressant de vraiment se poser la question : « OK, notre sexualité, si on en parlait ? Avant de mettre en avant la fatigue, le stress… est-ce qu’il n’y a pas déjà des choses antérieures, relatives à notre histoire, à notre parcours, qui font qu’il y avait des difficultés avant ? » C’est la première étape que je vous conseille.  

2.      Ne pas négliger l’importance d’une communication tout en souplesse, pour le sexe comme pour le reste

Je te propose maintenant un second conseil : la sexualité, ça se discute, ça se verbalise. Il faut pouvoir en parler, il faut avoir des échanges. Et, je le dis souvent : il faut de la souplesse. Je pense qu’il est important de pouvoir être dans une relation de couple où on parle de ce qui est compliqué, où on évoque assez simplement et tranquillement les choses qui sont douloureuses. Il ne faut pas rester sans verbaliser les difficultés. Cette fluidité de communication au sein d’une relation est importante, pour la sexualité comme pour bien d’autres sujets de couple. Si ce sont les débuts et que tu n’es pas à l’aise : dis-toi bien que ça se travaille. Ce n’est pas parce que tu n’es pas à l’aise au début, lors de la première discussion, que tu ne seras pas à l’aise par la suite. Il est normal que la première discussion soit gênante, mais ça ira mieux avec le temps.  

Ensuite, j’ai envie de mettre l’accent sur cette idée de « souplesse ». Lorsque je dis que je t’invite à être souple, je veux dire qu’il me semble important non seulement de pouvoir communiquer, mais surtout de pouvoir communiquer sereinement, facilement, tranquillement. Il faut qu’on arrête de se mettre des freins, des barrières et des limites. Il faut arrêter d’être gêné, mal à l’aise. Sortez de ces croyances, de ces « Ça c’est des choses qu’on n’évoque pas. », « Je le garde pour moi, j’en parlerai plus tard. » Parle de ce que tu as sur le cœur !

Je vais continuer mon plaidoyer de la souplesse, car c’est important en communication… mais aussi dans ta façon d’aborder la sexualité, que ce soit après l’accouchement ou en général. Quand on est jeune parent, une fois la naissance passée, on retrouve dans beaucoup de couples cette idée de « reprise » de la sexualité. Lorsque ça s’est un peu éteint ou un peu arrêté, on ressent le besoin de « reprendre », après plusieurs semaines, plusieurs mois ou plusieurs années – ça dépend des relations. Mais souvent, on va « procrastiner ».

Dans ce que me confient les personnes que j’accompagne, je constate souvent ces pensées-là : « Plus tard, là ce n’est pas le moment, là je ne me sens pas encore prête, j’hésite, la situation n’est pas optimale ». Je t’invite à faire attention à ces idées-là. Si tu attends le moment presque idéal, le moment où « ça y est je me sens vraiment prête »… et bien tu risques d’attendre plusieurs années ! Je te conseille de garder en tête qu’il faudra travailler pour s’ajuster. Même si au début, tu n’as pas le sentiment de quelque chose d’optimal, que toutes les conditions ne sont pas réunies, c’est quand même intéressant d’avoir une reprise au niveau de la sexualité. Mais pour cela, je l’ai déjà dit dans d’autres articles : il faut vraiment élargir le spectre de la sexualité.

Bien évidemment, ça dépend des couples et des relations, mais pour beaucoup de personnes, il existe cette l’idée reçue que sexualité = pénétration. Or, si la pénétration n’est pas possible pour toi pour des raisons physiques (accouchement) ou psychologiques, et bien tu te retrouves face à une impossibilité. « Je n’ai pas envie de pénétration, ou je ne peux pas être pénétrée, donc il ne se passe rien dans ma sexualité et dans ma relation de couple. »

J’invite donc les couples que j’accompagne à se demander ce qui est possible en-dehors de la pénétration. La sexualité est bien plus large que cette notion-là ! C’est dommage de se cantonner à « Pour nous ce n’est pas possible pour l’instant, parce que moi je ne peux pas, à ce niveau-là. » Non ! Qu’est-ce qui est possible autrement ? C’est vraiment intéressant de travailler à deux sur ses envies, besoins et désirs. Demandez-vous : « Qu’est-ce qu’on peut créer tous les deux ? Qu’est-ce qui peut nous correspondre davantage pour l’instant ? » Vous pouvez même aller au-delà et vous demander : « Qu’est-ce qu’elle nous apporte, cette sexualité ? »

Évidemment, pour beaucoup de couples, ça répond à un besoin physiologique : il y a une envie, un désir naturel. Mais pas que… Souvent, la sexualité est également un moment où on connecte, un moment fort du couple où, vraiment, on est en communion. On est ensemble, il y a une célébration de la relation. Quand il y a des enfants, le travail, les courses, nous sommes fatigués et nous ne faisons que nous croiser. La sexualité devient alors le temps pour se retrouver, pour n’être que tous les deux et se consacrer 100 % au couple.

Alors, si effectivement la sexualité se fait plus rare, ce temps pour le couple disparaît et donc, forcément, il y a un impact sur la relation. J’invite les couples à repenser leur vision de la sexualité. Comment peut-on se retrouver, se connecter même si notre sexualité n’est plus forcément ce qu’elle était ? Comment pouvez-vous faire autrement ? Intégrer de la souplesse dans votre vision des choses et ouvrez le champ des possibles !  

3.      Accepter que la sexualité après bébé, ça puisse être différent

Le dernier conseil que je souhaite aborder avec toi, c’est le fait d’accepter que ce soit différent. Une grossesse et l’arrivée d’un enfant sont des moments qui peuvent venir modifier ton couple… mais ce ne sont pas les seuls. Je te renvoie, encore une fois, à ma vidéo sur les saisons du couple (tu trouveras le lien en bas de l’article.) Elle présente les différentes phases que connaît un couple. Ça peut paraître évident, mais c’est important de le rappeler : l’été, les débuts de la relation, ça ne ressemble pas à l’hiver. Il faut accepter cette idée que ce qu’on a connu, ce n’est pas forcément ce qu’on vivra à l’avenir dans notre vie de couple. Il faut prendre conscience qu’il y a différentes phases. Le couple est mouvant.

On va passer d’une phase à une autre, avec parfois des allers-retours. Nous ne sommes pas linéaires et notre vie de couple ne sera pas toujours identique. Ces évolutions passent par les événements de la vie, comme par exemple la grossesse et l’accouchement, qui ont un impact physiologique sur le corps, mais pas seulement. Nous sommes différents aujourd’hui de ce que nous étions hier, donc notre sexualité est différente et il faut se réinventer. Avec l’arrivée des enfants, il faut laisser de la place à l’imprévu. On ne sait pas très bien ce qu’on va devenir. Chacun va avoir des évolutions personnelles, donc il ne faut pas rester dans quelque chose de complètement rigide, sinon on passe à côté de l’évolution de l’autre.

On peut accepter que les choses soient autrement, soient différentes. Ce n’est pas forcément moins bien et c’est aussi à nous, en tant que couple, de se réinventer, d’aller puiser à l’intérieur de ce que nous sommes pour créer quelque chose qui ressemble à ce que nous sommes maintenant. Chaque couple doit suivre son évolution et avoir un fonctionnement qui permet de s’ajuster, de s’adapter à chaque nouvelle étape de la relation ou de la vie.

J’espère que cet article et ses 3 conseils t’auront donné des pistes de réflexion pour vivre au mieux ta sexualité après bébé. Je le dis souvent, c’est mon but : t’amener à te questionner et à réfléchir. Je n’ai pas de solution toute faite ! Pour prendre soin de ton couple, je te conseille de te questionner, de te sonder. Cherche d’autres perspectives, d’autres manières de voir les choses. Élabore des idées, fais des tests et des erreurs : c’est comme ça qu’on avance ! Si tu ressens le besoin d’être accompagnée dans cette période compliquée, n’hésite pas à me contacter.

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